Après 41 buts, le joueur vise la consécration continentale


LISBONNE Le Portugais Cristiano Ronaldo, jeune prodige parvenu au sommet de son art, sera mis à l'épreuve lors de l'Euro-2008, alors que sa sélection compte sur la maturité qu'il a montrée cette saison avec le maillot de Manchester United.

Après 41 buts toutes compétitions confondues, qui lui ont permis de se hisser au Panthéon des plus grands buteurs du football anglais et d'amener son club au titre de champion, Ronaldo vise la consécration continentale.

Avec son ticket en poche pour la finale de la Ligue des champions, cet exceptionnel ailier de 23 ans se doit de réussir aussi son Euro, pour que nul ne puisse lui contester le Ballon d'Or, remporté de justesse par le Brésilien Kaka en 2007. "Selon moi, c'est le meilleur joueur du monde. Et j'espère qu'il ne sera pas le meilleur qu'avec Manchester, mais aussi avec la sélection, pendant l'Euro", déclare le sélectionneur du Portugal, le Brésilien Luiz Felipe Scolari. "Ronaldo a beaucoup évolué en tant que joueur, mais aussi et surtout en tant qu'être humain", ajoute celui qui, en 2003, a lancé en équipe nationale ce jeune footballeur, originaire de l'île de Madère. Toutefois, assure Scolari, "la sélection n'est pas dépendante de Cristiano Ronaldo. Sinon, ce ne serait pas la peine de jouer l'Euro."

Quatre ans après la finale perdue face à la Grèce devant leur public, suivie d'une quatrième place au Mondial de 2006, Ronaldo et ses coéquipiers veulent continuer à enrichir le palmarès des "Brésiliens d'Europe".

Passée l'époque de Rui Costa, Luis Figo ou Pedro Pauleta, les vedettes qui donnaient à l'équipe lusitanienne sa personnalité au cours des dernières années, l'espoir du technicien et des supporters portugais retombe inévitablement sur l'enfant prodige, devenu depuis une valeur sûre.

Plus musclé et plus solide mentalement, "Super Ronaldo" est aujourd'hui aussi redoutable sur coup franc que dans la surface de réparation, puisqu'il marque du pied gauche ou du pied droit, de la tête ou du talon.

Quant aux dribbles déroutants qui le distinguent de tout autre joueur, il n'y renonce pas. L'entraîneur de Manchester United, Sir Alex Ferguson, a d'ailleurs loué le "courage" du Portugais, qui refuse de se laisser intimider par des défenses plus agressives, voire violentes.

Mais, depuis qu'il a quitté à 18 ans le Sporting Portugal, club de Lisbonne où il a été formé, c'est surtout sur le plan tactique que Ronaldo a mûri, estime Luis Freitas Lobo, journaliste sportif portugais.
Lors de la demi-finale retour de la Ligue des champions, remportée par Manchester United face au FC Barcelone le 29 avril, "nous avons vu un nouveau Cristiano Ronaldo, estime-t-il. C'est devenu un joueur capable de se sacrifier pour l'équipe". "Sa maturité est visible dans la discipline tactique qu'il a acquise et dans sa capacité à défendre quand il le faut", souligne Freitas Lobo, impressionné par la puissance et la vitesse de l'attaquant, "inhabituelles chez un joueur aussi créatif".

Pourtant, dès que Ronaldo endossera le maillot de la "Seleçao", il risque de redevenir "le joueur sauvage, excessif et tactiquement anarchique qu'il était à 18 ans", redoute le commentateur, jugeant que "même si Ronaldo sait tout faire, le Portugal n'est pas Manchester United".

© La Dernière Heure 2008