On l'oublie parfois mais Bernard Tapie est entré dans le sport par... le cyclisme. En 1984, il monte l'équipe "La Vie Claire" autour d'un certain Bernard Hinault, dont le divorce avec Cyrille Guimard vient d'être acté. Avec cette équipe, Bernard Tapie remportera notamment deux Tours de France (Hinault en 1985 et LeMond en 1986).

Dans la foulée, l'homme d'affaires se décide à voir plus grand encore, en termes d'investissements et de retombées médiatiques. Lorsque l'épouse du maire de Marseille lui suggère de reprendre l'Olympique de Marseille, il n'hésite pas longtemps. Le challenge est attirant puisque l'OM est alors dans les tréfonds du championnat de France, huit ans après son dernier titre de champion.

Tapie achète le club pour 1 franc symbolique et investit dans plusieurs jeunes talents, Papin, Cantona, Deschamps et Barthez en tête, qu'il entoure de valeurs sûres comme Tigana ou Giresse. La sauce prend rapidement et Marseille renoue avec le titre de champion de France en 1989. Jusqu'au Graal décroché en 1993, lorsque l'OM triomphe en finale de Ligue des Champions face au Milan AC (1-0), avec un certain Raymond Goethals dans le costume d'entraîneur.

Mais ce que Tapie qualifiera "d'affaire de sa vie", c'est la reprise d'Adidas au début des années 90. Là aussi, Adidas a perdu de sa superbe. D'autres marques ont bien plus le vent en poupe et l'entreprise allemande, sous la direction de Tapie, délocalise une partie de sa production en Asie pour redevenir compétitive. Comme avec Marseille, Tapie n'hésite pas à débaucher ce qui se fait de mieux (en parallèle d'un plan de restructuration de grande ampleur), comme lorsqu'il engage Rob Strasser, le styliste de Nike. Ce dernier est à la base du logo aux trois bandes que l'on connaît tous aujourd'hui.

Devenu ministre en 1992, Tapie vendra la marque et l'Affaire Adidas, qui l'opposait au Crédit Lyonnais, naitra quelques mois plus tard. Mais c'est en 1993, en marge de la finale de Champions League, que le nom de Bernard Tapie résonnera le plus fort dans les médias. Six jours avant d'affronter Milan, l'OM doit faire face à Valenciennes en championnat. Et, du côté de Marseille, on aimerait s'assurer que tous les joueurs seront en pleine forme pour la finale de Champions League. Jacques Glassmann, défenseur valenciennois, est alors approché pour "lever le pied" en échange d'une somme d'argent. L'affaire ne met pas longtemps à éclater et Jean-Pierre Bernès, directeur général de Marseille, finira par avouer être à l'origine de cette tentative de corruption tout en précisant qu'il a agi sur ordre de Bernard Tapie.

Alors qu'il était en course pour devenir maire de Marseille en 1995, Tapie doit renoncer à cause du procès VA-OM qui bat son plein. Le 15 mai, il est condamné à un an de prison ferme, peine qui sera ramenée à huit mois en appel.