Le décès d'un enfant sur le terrain de foot du RSD JETTE relance le débat autour des morts subites lors d'activités sportives

BRUXELLES Un jeune footballeur, évoluant en catégorie 6-8 ans, vient de perdre la vie en plein entraînement. A chaque tragédie de ce type, une question refait surface: qu'en est-il du suivi médical de tous les sportifs? De nombreuses déclarations d'intention ont déjà été faites mais quels actes sont réellement posés?

En janvier, la possibilité d'un test sportif imposé à tous les affiliés des clubs de football avait été envisagée par la Fédération. Mais le dossier n'a pas aboutit. "Les coûts sont beaucoup trop importants pour la Fédération. Et pour les clubs aussi d'ailleurs, relate Pierre Cornez, du service communication de l'URBSFA. Aller passer un examen relève donc d'un choix individuel et est assumé financièrement par les sportifs."

La Fédération se borne donc a édicter une série de mesures dans ses brochures: il est conseillé pour les enfants à partir de 12 ans de passer un électrocardiogramme, un examen clinique et de répondre à un questionnaire relatif à d'éventuels symptômes. Et, à partir de 30 ans, et tous les 5 ans, le footballeur devrait idéalement passer un test à l'effort. Ce dernier est par ailleurs partiellement remboursable par la mutuelle. "Mais il ne s'agit pas d'une solution miracle, tempère Pierre Cornez. Des footballeurs professionnels, disposant d'un suivi quotidien, sont aussi décédés subitement sur le terrain sans que rien ne laisse le présager."

L'installation massive de défibrillateurs externes automatiques (DEA) est donc prônée pour pouvoir intervenir rapidement en cas de malaises. Et pas uniquement dans les clubs de football.

300 défibrillateurs ont récemment été distribués à des clubs sportifs, toutes disciplines confondues, par le cabinet du ministre des sports via l'Association des établissements sportifs (AES). "Les clubs sélectionnés ont été avisés. L'installation n'a pas encore eu lieu partout. Normalement, d'ici la fin de l'année, tous les DEA auront été distribués", affirme Pierre Dewit, conseiller sécurité auprès de l'AES. Mais cela ne suffit pas pour que ce matériel soit opérationnel. Une formation des membres des cercles sportifs doit également être organisée. "On désire qu'au moins dix personnes par club bénéficiaire s'inscrivent. Cela fera donc 4 heures de cours pour environ 3000 personnes. Cela nécessite une certaine organisation", poursuit Pierre Dewit.

Ces 300 DEA s'ajoutent aux 120 déjà présents dans des infrastructures sportives et précèdent ceux qui vont être bientôt distribués dans 300 autres établissements. Infrasports sera l'opérateur chargé de ventiler ce nouvel échantillon. Equiper les bâtiments abritant différentes formations sportives permet donc de toucher une plus vaste palette de clubs en une seule fois.

Deux décrets vont en outre favoriser une large diffusion de ces défibrillateurs. Le premier a été voté lundi au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le second le sera dans deux semaines au niveau wallon. "Nous désirons vraiment quadriller le territoire, assure Séverine Cirlande, du cabinet du ministre des sports, André Antoine. Tous les centres sportifs locaux et les infrastructures vont être obligées de se munir de DEA sous peine de ne plus percevoir de subventions. Et les clubs seront aussi contraints d'évoluer dans des installations équipées afin de pouvoir aussi continuer à recevoir des aides." La date de mise en ordre est fixée à fin 2013. Des formations à l'utilisation des appareils sont en outre prévues dans le cadre des décrets.

Les clubs et infrastructures n'ayant pas reçu de DEA gratuitement devront donc l'acheter sur fonds propres avec une aide à hauteur de 75% si un dossier est introduit auprès de l'ADEPS. Le prix moyen d'un défibrillateur est de 2000€.


© La Dernière Heure 2012