Gunter Jacob et Daniel Nassen rappellent que Molenbeek a rarement réussi au Standard

BRUXELLES t Médian doté d'une intelligence de jeu supérieure à la moyenne, Gunter Jacob porta les couleurs du Standard et du RWDM. Très jeune (30), le Trudonnaire délaissa les crampons pour se parer du survêtement d'entraîneur au FC Malines. Il y appliqua des idées novatrices. Depuis, il est devenu un des analystes attitrés de Canal+ dans sa version néerlandophone tout en combinant cette activité avec celle d'agent de joueurs. «Très vite diplô- mé du Heysel, j'ai connu deux premières bonnes saisons à Malines avant de ne plus être sur la même longueur d'onde avec la direction. J'ai eu pas mal de contacts mais beaucoup de clubs ont été effrayés par mon jeune âge et ma vision des choses. Je me suis retrouvé sur la touche. Et malgré d'autres belles offres par la suite, j'ai tourné la page sans regret.»

Deux ans chez les Rouches, puis six saisons à Molenbeek, cela ne s'oublie pas de sitôt. «Les confrontations entre ces deux clubs ont souvent été très chaudes et tournaient régulièrement en faveur du RWDM à mon époque. Au stade Machtens, il y avait de nombreux anciens Standardmen et ce rendez-vous nous motivait particulièrement. Johan Vermeersch? Il était déjà incontournable. Je me suis bien entendu avec lui même si les derniers mois il y eut de la friture sur la ligne. J'étais le porte-parole du groupe des joueurs et le club connaissait déjà de gros soucis financiers.»

Autre élément indissociable de l'histoire des deux clubs, Daniel Nassen n'est plus impliqué comme l'est son ex-équipier, Gunter Jacob. Jusqu'à la trêve, il fut l'entraîneur d'une équipe de pointe de P 1 brabançonne qu'il quitta dans la foulée de son président. «Même si j'ai encore porté les couleurs de Lommel par la suite, le Standard et le RWDM ont marqué ma carrière. Je dirais même que j'ai conservé les meilleurs souvenirs de mon passage à Molenbeek. Le Standard fut essentiellement mon club formateur. J'y ai connu ma meil- leure période en juniors Uefa avec Maurice Lempereur. Grâce à lui, j'ai fait mes premiers pas en D 1 à Sclessin, sans oublier la Coupe d'Europe. Mais c'est au stade Machtens que j'ai connu ma plus belle période. Des souvenirs des matches contre les Rouches ? C'étaient toujours des duels particuliers mais je garde surtout en mémoire les derbies contre Anderlecht, notamment ceux disputés en Coupe de Belgique.»

Daniel Nassen avoue ne pas trop se reconnaître dans le Brussels. «Johan Vermeersch était dirigeant à l'époque mais il ne reste plus grand monde à l'exception des supporters. Je déplore même que le nom ait disparu. Ce qui s'est produit là-bas est à l'image de l'ensemble du football belge. Vu l'afflux d'étrangers de deu- xième ou troisième zone, nos éléments les plus talentueux n'ont plus voix au chapitre, ou alors très rarement suite à un concours de circonstances favorables. Pour inverser cette fâcheuse tendance, les dirigeants doivent vite changer leur fusil d'épaule!»

© Les Sports 2005