La partialité du TAS est mise en cause par les joueurs qui défendent la fameuse clause de stabilité

Depuis l’arrêt Webster, rares sont les joueurs à avoir fait valoir leur clause de stabilité.

“Aujourd’hui, il n’y a pas eu beaucoup de cas” , confirme Philippe Piat. L’ancien président de la FIFPro, le syndicat mondial des joueurs, qui s’occupe désormais de la branche européenne de l’organisme, pointe du doigt le “lobbying des grands clubs” soucieux de ne pas voir les indemnités de transfert des joueurs fondre comme neige au soleil.

Pour Piat, deux affaires illustrent parfaitement le travail de sape des clubs pour limiter l’utilisation de la clause de stabilité.

“La première a eu lieu avec le départ houleux de Philippe Mexès vers l’AS Rome en 2004. Cela a été un vrai coup de Trafalgar. L’article 17 a été modifié : à chaque prolongation de contrat, on repartait à zéro au niveau de la période de stabilité, uniquement pour des raisons politiques alors que c’est complètement anormal” , explique-t-il.

La seconde correspond au cas Matuzalem. En 2008, le Brésilien, 28 ans à l’époque, a fait jouer sa clause de stabilité après 3 saisons passées au Shakthar Donetsk pour rejoindre Saragosse.

Le club ukrainien se tourne alors vers la Fifa en exigeant que Saragosse s’acquitte des 25 millions d’euros de clause libératoire du médian.

Alors que la Fifa condamne Saragosse à régler 6,8 millions d’euros à Donetsk, le TAS fixe finalement l’indemnité à 12 millions. Cette affaire a eu le don de refroidir les ardeurs des joueurs, ce que critique la FIFPro.

“Dans des cas clairs, le TAS a pris des jugements irrationnels en ne respectant pas l’article 17” , confirme Piat. “Le TAS ne respecte rien et n’a pas d’avenir. Nous refusons d’être jugé alors qu’il y a un lobbying des grands clubs derrière. Le TAS est maqué avec les grands clubs, nous contestons son objectivité.”

Dans une impasse, Piat se montre menaçant. “Le TAS n’est pas indépendant. Si, avec la Fifa qui est très à l’écoute et qui a compris qu’elle a fait une erreur en saluant la décision du TAS concernant Matuzalem, nous n’obtenons pas modification du TAS, alors on passera par les juridictions civiles. La Commission Européenne a conscience du problème.”

Ne reste plus qu’à le résoudre pour que les règlements existants soient appliqués.



© La Dernière Heure 2011