Emile Mpenza : “J’aimerais revenir en Belgique”

S. C. (avec H. Nb.)
Emile Mpenza : “J’aimerais revenir en Belgique”

Emile Mpenza souhaite achever une bien belle carrière là où il l’a lancée : dans son pays natal…

BAKOU Emile Mpenza joue toujours au football. Et même plutôt bien. Il est une des stars du Neftchi Bakou, le club phare d’Azerbaïdjan.

Ce soir, il prendra place dans les tribunes du stade pour suivre la rencontre, en passionné. Il a évoqué sa vie à Bakou et a dévoilé son souhait de revenir, très bientôt, en Belgique. Pour y rejouer. Il a, aussi, tiré un trait sur sa carrière de Diable Rouge

Comment est la vie à Bakou ?

“Je vis globalement bien en Azerbaïdjan. Certes, pas comme à Bruxelles mais je ne me plains pas. Seule la circulation automobile est différente et pas parce que les puissantes 4X4 y brûlent la politesse aux antiques Trabant. J’ai très vite constaté que les panneaux de circulation servent surtout... de décor. Les conducteurs ne se soucient pas de la couleur du feu : ils passent ! Un piéton qui veut traverser une rue le fait à ses risques et périls. Ceci dit, les gens, à Bakou, sont très amicaux. Ils sont même chaleureux. Les étrangers sont bien accueillis. Même les musulmans y sont très tolérants. À Bakou, on peut acheter de l’alcool sans le moindre problème. Bakou est une ville moderne. On y trouve tout, des enseignes Burger King aux grandes marques comme Prada. Elle n’a certes pas son pareil dans le reste du pays, mais elle est très agréable à vivre. Si on aime la chaleur, bien sûr. En été, il y fait particulièrement chaud. Il n’est pas rare que la température grimpe à plus de 40°. En hiver, le thermomètre descend rarement en dessous de 28°. La ville s’est métamorphosée de manière fantastique en quelques années. Mbo, mon frère, y avait atterri avec Anderlecht en 2005. Quand il y est revenu, il ne l’a pas reconnue.”

Comment passez-vous vos temps de loisirs à Bakou ?

“La plupart des joueurs jouent à la Playstation. Moi, pas : je déteste cela, au contraire de mon fils. Alors, je lis beaucoup. Des livres d’action. Je sors très peu. Mon quotidien se limite à aller m’entraîner et à rentrer chez moi, ou l’inverse. Mon fils vient me rejoindre pendant les vacances scolaires.”

Quel est le niveau du jeu dans la compétition azéri ?

“Je pense que les trois meilleures formations du pays pourraient se classer parmi les dix premiers en Belgique. Au tour préliminaire de la Ligue des Champions, nous avons été éliminés par le Dinamo Zagreb (3-0 et 0-0). Ce résultat ne reflète pas vraiment la qualité du football azéri. Le Dinamo a simplement transformé les trois occasions qu’il s’est ménagées. Quant à nous, nous n’avons certainement pas été ridicules.”

Comment jugez-vous votre niveau personnel ?

“Physiquement, je suis en bonne condition. Suis-je encore rapide ? Je n’ai pas trop à me plaindre. La saison dernière, j’ai inscrit treize buts, mais j’ai évolué derrière les attaquants de pointe. Nous avons remporté le titre. Le premier dans ma carrière. Et dire que j’ai dû atteindre d’avoir dépassé la trentaine pour célébrer un triomphe de cette nature. Je pense que, quand je jouais au Standard, nous aurions pu y parvenir. Pendant les vacances, nous avons changé d’entraîneur.”

Comment définiriez-vous le Neftchi Bakou ?

“Neftchi est le plus grand club du pays. Le président est le propriétaire d’un complexe pétrolier. Une marque pétrolière nous sponsorise. Le président vient régulièrement suivre nos entraînements, accompagnés par ses gardes du corps. Le reste du temps, il ne se comporte pas comme un homme puissant. La presse ne lui pardonne rien. Si Neftchi perd un match en six mois, la presse commence à mettre la pression. Lankaran est notre grand rival. Quand nous nous y déplaçons, huit combis de police doivent escorter notre bus. Nous sommes accueillis à coups de projectiles divers. Je ne suis pas venu à Bakou pour l’argent. Pas seulement, en tout cas. Je voulais vivre cette aventure humaine.”

Resterez-vous longtemps au Neftchi ?

“Je voudrais achever ma carrière en Belgique. J’y reviendrai, peut-être, au mercato d’hiver ou lors du prochain été. J’ai débuté en Belgique et j’aimerais y boucler la boucle. Mon fils vit auprès de sa mère. […]. C’est une des raisons pour lesquelles je veux revenir en Belgique. Mais je pense que j’aimerais prouver également que je n’ai pas perdu mes qualités en jouant au football dans un pays difficile. Mon contrat au Neftchi court encore sur un an. Si je le quitte, ce ne sera pas pour l’argent. Je ne me considère certainement pas trop bon pour évoluer à Malines ou à Courtrai. Courtrai, je le porterai toujours dans mon cœur. Et le Standard bien sûr aussi. Quoique, à présent que Lucien et Dominique ne sont plus là, ce n’est plus tout à fait le même Standard. J’ai même entendu que Milou, le responsable du matériel, n’était plus là. Je ne peux pas me représenter le Standard sans Milou. Lucien me téléphone parfois. Jamais pour affaires : toujours de manière amicale.”

Avez-vous encore des contacts avec Georges Leekens ?

“Oui. Nous nous téléphonons également. Mais nous ne parlons jamais des Diables Rouges.”

Songez-vous encore à rejouer en équipe nationale ?

“Mes deux derniers matches datent d’il y a deux ans, contre la Turquie et l’Estonie. C’était sous le règne de Dick Advocaat. J’ignore toujours pourquoi, par la suite, on n’a plus fait appel à moi. Si on ne me sélectionne plus, c’est sans doute parce qu’on doute de moi. Je ne pense plus aux Diables Rouges, je pense seulement à rejouer en Belgique. Je verrai bien, le cas échéant, si je pourrai encore savourer une cerise sur le gâteau. Je suis heureux d’avoir quitté l’équipe nationale sur un dernier bon match.”

L’Azerbaïdjan peut-il réussir une performance contre les Diables ?

“Je ne le pense pas. La chaleur constituera sûrement un petit désavantage pour les Diables, mais je les vois l’emporter par 0-2. Je serai présent au match. De qui serai-je supporter ? Des deux équipes : trois de mes équipiers évoluent dans l’équipe d’Azerbaïdjan.”

Avez-vous encore des contacts avec des joueurs belges ?

“Avec Fellaini et Van Buyten. Je suis aussi les rencontres du Standard sur Internet. Voulez-vous un tuyau ? Je vois bien Van Buyten évoluer à Arsenal la saison prochaine. Arsène Wenger le veut depuis longtemps. Ou peut-être à Anderlecht. Mais je me tais : je ne veux pas dévoiler trop de secrets...”



© La Dernière Heure 2011

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