Youri Tielemans: "On aurait dû être à Zaventem au moment des attentats"

Les Espoirs avaient exceptionnellement décidé de rejoindre la Moldavie deux jours avant leur match.

M. J., M. F. et R. V.P.
Enzo Scifo pictured during a training session of the Belgian National U21 football Team in Tubize, Belgium. *** TUBIZE, BELGIUM - 06/10/2015 Photo by Peter De Voecht / Photo News ***
Enzo Scifo pictured during a training session of the Belgian National U21 football Team in Tubize, Belgium. *** TUBIZE, BELGIUM - 06/10/2015 Photo by Peter De Voecht / Photo News *** ©Photo News

Les Espoirs avaient exceptionnellement décidé de rejoindre la Moldavie deux jours avant leur match.

La vie ne tient parfois pas à grand-chose. Lorsqu’ils ont appris les terribles attentats qui ont frappé Zaventem et Bruxelles mardi matin, les Espoirs étaient tous extrêmement affectés par les événements. Mais ils ont aussi remercié leur bonne étoile.

Depuis trois ans, c’est la première fois que l’équipe faisait un déplacement deux jours avant un match à l’extérieur, et non la veille. Une décision prise il y a un mois et demi.

"Initialement, on ne pensait pas jouer à Chisinau, la capitale", explique Enzo Scifo. "Il était prévu qu’on fasse de nombreux voyages en autocar et on ne savait pas exactement l’endroit exact où on allait jouer. Donc, par précaution, on avait décidé de prendre l’avion deux jours à l’avance, et non la veille, comme toujours. Parfois, le destin peut vous sourire…"

"On devait être là-bas à 8 heures", précise Youri Tielemans. "On se donne toujours rendez-vous à cette heure-là devant le Starbucks. Donc cela nous a choqués d’apprendre ce qu’il s’était passé."

"Ce n’était sans doute pas notre heure", enchérissait Joris Kayembe, qui a eu du mal à croire ce qu’il s’était passé. "Quand Dennis Praet est venu m’avertir de ce qui avait eu lieu, je n’y ai d’abord pas cru. On était tous très tristes."

Julien De Sart, aussi, a été abasourdi par la nouvelle. "On était vraiment tous choqués", explique le médian de Middlesbrough. "On en a beaucoup parlé entre nous."

Enzo Scifo , qui donnait la théorie d’avant-match à ses joueurs, reconnaît que l’ambiance était très particulière au sein du groupe. "Au moment où on a appris la nouvelle, je faisais la présentation de l’adversaire. On savait qu’une bombe avait explosé mais on n’en connaissait pas encore l’ampleur. Dans notre tête, il n’y avait pas de morts. Mais une fois la théorie terminée, on a tous été informés de ce qu’il s’était passé."

"On a directement contacté nos proches pour être sûrs que personne n’était touché. Cela nous a déjà un peu rassurés", notait Tielemans.

S’il est toujours compliqué de se concentrer sur le football dans ces conditions, les joueurs ont mis un point d’honneur à représenter leur pays. "Dans le vestiaire avant le match, on s’est dit qu’on jouait pour la Belgique", indique Julien de Sart.

"Nous nous sommes retrouvés avant la rencontre et on a voulu se montrer solidaire par rapport aux familles des victimes, en jouant avec énormément de cœur", explique encore Scifo. "C’est peut-être dans ce genre de rencontre que porter la vareuse nationale est le plus symbolique."

Lundi soir, face au Monténégro, l’émotion sera encore bien palpable dans les rangs des Diablotins. "Ce sera même encore plus intense en émotion", précise De Sart. "Mais le football est aussi un moyen de penser à autre chose pour les gens. On va donc essayer de leur apporter un peu de bonheur."


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