"C'est une absurdité": un ambassadeur du Qatar nie les 6500 morts liés à la construction des stades pour la Coupe du monde

Ronald De Boer est un ambassadeur du Qatar. Il avait notamment évolué pendant sa carrière à Al-Rayyan et Al-Shamal.

"C'est une absurdité": un ambassadeur du Qatar nie les 6500 morts liés à la construction des stades pour la Coupe du monde
©Tweeter/AFP

Depuis le début de son attribution, la Coupe du monde au Qatar n'a jamais fait l'unanimité. Il faut dire qu'organiser un événement d'une telle envergure en plein désert avait de quoi laisser perplexe. A cause de la chaleur, il a notamment fallu déplacer le Mondial en hiver. Ce qui va fortement perturber le calendrier des clubs lors des prochains mois. Toute l'infrastructure du pays a également été repensée afin d'accueillir autant de supporters pendant un mois. Bref, le chantier était colossal.

Mais ce qui a le plus choqué l'opinion internationale demeure les conditions de travail des travailleurs pour construire les sept stades qui sortent tout droit de terre.

L'an dernier, le Guardian avait notamment sorti un rapport accablant: "Plus de 6 500 travailleurs immigrés d'Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka sont morts au Qatar depuis que celui-ci a remporté l'organisation de la Coupe du monde il y a dix ans", avait-révélé le journal britannique. "Cela fait une moyenne de douze morts par semaine depuis décembre 2010." Des chiffres qui avaient forcément indigné le monde entier.

Ce mercredi, en marge du tirage au sort de la Coupe du monde au Qatar de ce vendredi, Ronald De Boer était l'invité de l'émission néerlandaise Jinek. Cet ambassadeur de la compétition qatarie est revenu sur ces chiffres. "Je ne veux pas m'étendre sur le sujet car c'est leur parole contre celle du Qatar", a-t-il d'abord commencé chez le RTL de nos voisins. Il s'est ensuite montré plus loquace. "Tous les décès étaient mis dans le même sac à l'époque. Qu'il s'agisse d'un enseignant, d'un agent d'entretien ou d'une personne travaillant dans le bâtiment", a expliqué le frère de Frank De Boer, l'entraîneur néerlandais.

"Pour moi, c'est une absurdité totale ! Pendant dix ans, ils ont mis tout le monde dans le même sac. Ce n'est pas rendre justice aux gens décédés. Un mort est toujours triste. Mais cette étude donne l'impression que les gens tombent du stade à cause de la chaleur. Effectivement, des gens meurent au Qatar. Mais un enseignement ou quelqu'un qui travaille dans un hôtel peut aussi de blesser. Ces chiffres sont sortis de leur contexte général."

Des propos qui ont laissé perplexe autour de la table. Mais pas uniquement. Rapidement, Amnesty International a tenu à réagir après cette polémique. "Vous savez Ronald, nous sommes aussi fatigués parce que nous devons répondre à ce genre de bêtises encore et encore", a estimé l'organisation de défense des droits de l'homme dans un tweet glacial.

L'ancien international batave a également répondu à Louis Van Gaal, le coach des Pays-Bas. Ce dernier avait estimé qu'il était ridicule que la Coupe du monde soit attribuée au Qatar. De Boer voit les choses autrement. Pour lui, une Coupe du monde permettra à la population locale de mieux vivre par après. "Grâce au football, beaucoup de choses ont changé pour un mieux. L'émir actuel est un jeune homme au grand cœur. J'en suis convaincu. Il s'agit d'une tendance positive."

Pas certain qu'il ait convaincu tout le monde autour de lui.

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