Jérémy Doku prépare la Coupe du monde avec un champion du monde

Jérémy Doku sort d’une saison pourrie par les blessures mais il a enclenché un travail pour passer un cap, à Rennes puis au Qatar.

Jérémy Doku prépare la Coupe du monde avec un champion du monde
©Montage

C’était il y a pile un an. La Belgique pleurait l’élimination des Diables en quart de finale de l’Euro mais se consolait un peu avec la prestation fantastique de Jérémy Doku, le plus jeune joueur sur la pelouse de Munich. Ce jour-là, il réussit 8 dribbles (la moitié du total belge), gagne 14 duels (plus que tous les autres Diables) et ne perd que deux ballons (plus faible total). La planète foot découvre pour de bon le dribbleur anversois et son nombre d’abonnés sur Instagram explose. Tout le monde attend de le voir confirmer sous le maillot rennais.

Une année plus tard, la hype est redescendue. Doku a peu joué en Bretagne (700 minutes, toutes compétitions confondues, 2 buts et 2 assists). La faute à une saison pourrie par les blessures. Le mollet une fois, les ischios et le genou deux fois. Avec 30 matchs loupés avec le Stade rennais au final. À tel point que le quart de finale contre l'Italie est sa dernière cap en date avec l'équipe nationale. "J'aurais pu le reprendre pour les quatre matchs de juin parce que Jérémy avait recommencé à jouer en fin de saison mais j'ai préféré le laisser à la maison, expliquait Roberto Martinez pendant le rassemblement. Ce ne serait pas malin de précipiter son retour et de risquer une nouvelle blessure."

À seulement 20 ans, Jérémy Doku serait-il déjà devenu un joueur fragile ? Va-t-il suivre la trajectoire d'Émile Mpenza, un autre attaquant belge supersonique qui a dû apprendre à vivre avec des muscles puissants mais délicats ? À Rennes, on ne s'inquiète pas. "Il avait eu très peu de vacances entre l'Euro et le début de la saison, ça a pu jouer, précise Johan Rigaud, suiveur du club pour le journal L'Équipe. Mais il y a plutôt eu une réflexion globale sur les nombreuses rechutes cette saison. Doku n'a pas été le seul à avoir la même blessure deux fois durant la saison. Il n'y a pas eu de changement dans le staff mais l'intention est d'avoir moins de gars à l'infirmerie."

En 2022-2023, l'ancien Anderlechtois s'est fixé plusieurs objectifs, notamment un en matière de temps de jeu. "Jérémy a très envie de prouver qu'il peut faire une saison complète avec Rennes", révélait Florian Maurice il y a quelques jours sur la télévision locale, TVR.

Comment passer d'une saison aussi hachée à une année pleine ? Jérémy Doku a compris que le changement viendra d'abord de lui. "Le plus important, c'est de bien connaître son corps, intervient Sylvester Agyei, l'un des conseillers du joueur et ami. En plus d'avoir engagé un nutritionniste réputé, Jérémy a fait un camp de travail particulier pendant la trêve. Il est parti quatre jours à Tenerife pour travailler avec deux grands professeurs."

Le premier rappellera des souvenirs aux amoureux d'athlétisme : Marc Raquil. Le Français de 45 ans est un ancien spécialiste du 400 mètres. Avec un titre de vice-champion du monde en individuel et un de champion du monde en relais, à chaque fois en 2003. L'ex-sprinter a donné des conseils à Doku, notamment dans la technique de course. "Il a remarqué que Jérémy freinait de manière brutale après un effort. Ce qui est mauvais pour ses ischios et ses genoux. Marc lui a appris à mieux contrôler ses courses. Avec lui, Jérémy connaît maintenant des techniques pour mieux prévenir les blessures", détaille Sylvester Agyei.

Et le second prof avait un joli CV aussi : Francisco Filho, un Brésilien qui fut longtemps l'adjoint de Sir Alex Ferguson à Manchester United, avec un regard sur le développement des jeunes. "Il a notamment beaucoup aidé Cristiano Ronaldo à ses débuts en Angleterre, confie Sylvester Agyei. Avec lui, Jérémy a plutôt bossé la technique et la tactique. Comment gérer un duel contre deux hommes, par exemple. C'est comme ça que Jérémy continuera à progresser."

Il ne sera pas titulaire assuré à Rennes

À Rennes, son retour à l'entraînement lundi a été remarqué. Doku est déjà dans une belle forme. "Je sais qu'il pense aussi beaucoup à la Coupe du monde avec les Belges", ajoute Florian Maurice, à la base de sa venue en octobre 2020 pour en faire le plus gros transfert de l'histoire du club. "D'ici-là, on va tout faire pour continuer à faire évoluer Jérémy. Certains l'ont peut-être oublié mais il a déjà fait des choses extraordinaires sous le maillot rennais."

Avant même le travail spécifique au camp de Tenerife, Doku avait déjà montré des signes d'évolution sur les pelouses de Ligue 1. "Il a simplifié son jeu par rapport à sa première année. À son arrivée, il était encore foufou et il manquait de précision. Il est devenu plus altruiste, explique Johan Rigaud. Tout ça, sans perdre son étonnante capacité de faire de grosses différences seul (NdlR : il a tenté un dribble toutes les 7 minutes en moyenne en 2021-2022). Quand Rennes affrontait des blocs bas, Doku a souvent manqué avec ses qualités. Le club attend beaucoup de lui cette saison."

Mais croire qu'une place attend tranquillement Doku dans le onze est une illusion. Sans lui ou presque, Rennes a terminé quatrième, remplissant donc l'objectif européen. "À gauche, sa place préférée, c'est Martin Terrier qui est titulaire. Et à droite, c'est Benjamin Bourigeaud. Deux cadres de l'équipe qui sortent d'une très belle saison, même s'ils ont des qualités différentes de Doku", détaille Johan Rigaud.

Un constat tempéré par Florian Maurice. "On va jouer énormément de matchs en cette saison particulière. Il y aura de la place pour tout le monde. Quand Jérémy sera sur la pelouse, ça nous permettra d'évoluer d'une manière différente qu'avec les titulaires de l'an passé. C'est un vrai atout."

Ce n’est pas Roberto Martinez qui dira le contraire. Ni les défenseurs de la Squadra Azzurra d’il y a un an.

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