"Traître", "marchand de soupe", "chasseur de prime", les critiques ont fusé vers Witsel après l'officialisation de son transfert vers Tianjin. Dans une interview publiée ce vendredi par l'Echo, Witsel répond. Il persiste, signe et parle de son avenir... en tant que CEO.

Voilà, c'est fait, Witsel va déménager en Chine. Et avec sa famille. "Ce ne fut pas une décision facile", explique d'emblée le joueur qui persiste dans les éléments de langage qui lui ont valu des critiques. "Nous avons reçu cette proposition chinoise, tellement alléchante qu’il était impossible de la refuser. C’est le meilleur choix. Pour moi et pour ma famille." L'argent était-il la motivation ? Cela ne semble plus faire de doute. "Oui, grâce à l’argent que je vais gagner, je pourrai garantir la sécurité financière de ma famille. Pas seulement aujourd’hui, mais aussi pour la prochaine génération."

Pour la prochaine génération, mais aussi la suite. Witsel prévoit déjà sa reconversion et là aussi, la Chine n'est pas un hasard. "Lorsque j’avais 22 ans, je pensais déjà à mon avenir. Après ma carrière sportive, j’espère travailler en dehors du monde du football. C’est pour cette raison que j’ai investi il y a deux ans dans Lindsky Aviation. En dehors de mon investissement financier, j’y apporte aussi mon carnet d’adresses." Un carnet d'adresses qui s'étoffera en Chine... "En Chine, il y a de nombreuses opportunités pour Lindsky. Cela a aussi influencé ma décision." Gamal Khaldi, l'actuel patron de la société Lindsky va dans le même sens. "Avant qu’Axel ne reçoive cette offre de Chine, nous savions que notre avenir s’y trouvait aussi. C’est un marché de 1,4 milliard d’habitants. La classe moyenne chinoise est de plus en plus riche et voyage de plus en plus."

Quant à la suite de la carrière du Diable rouge, les plans entre Axel Witsel et Gamal Khaldi sont clairs. "Dans quelques années, je céderai volontiers ma place à Axel. Je ne vais pas rester CEO éternellement", explique le patron de Lindsky. "Un jour, j’aimerais gérer cette entreprise" confirme Witsel.

Les critiques, la valeur de l'argent et sa place de Diable rouge

Witsel est philosophe. S'il ne semble pas vouloir revenir sur les propos qui ont choqué, il accepte que chacun s'exprime. "Nous vivons en démocratie. Tout le monde a le droit de dire ou d’écrire ce qu’il pense." Si Witsel passe largement au-dessus, ce n'est pas forcément le cas pour sa famille. "Je me suis fabriqué une carapace. Pour ma maman et mes sœurs, c’est plus difficile."

Sa famille, justement, parlons-en. Witsel explique qu'il n'a pas été élevé dans le luxe. "Ma mère était très jeune quand elle est tombée enceinte. Elle était sans emploi et mon père a dû arrêter ses études pour chercher du travail. Il est devenu maçon: c’est le premier boulot qu’il a réussi à trouver. La vie était dure. Nous n’étions pas pauvres, mais je sais ce que vaut un euro."

Concernant son avenir (sportif, cette fois), l'actuel dépositaire du jeu des Diables rouges reste également confiant. "Ce n’est pas la première fois qu’on me fait ce reproche. Lorsque je suis parti au Zenit, on disait déjà la même chose. Que je le faisais pour l’argent. Que je préférais m’enterrer dans une division inférieure. J’ai prouvé que j’étais capable de maintenir mon niveau."

Et chez les Diables rouges ? La réponse est la même pour Axel Witsel. "Je continuerai à jouer dans l’équipe nationale belge. Je ferai le maximum pour que ce soit possible. Le coach n’opère pas sa sélection sur base du club dans lequel nous jouons, mais sur base de la forme des joueurs. Je ferai tout pour rester en forme."

Le dernier mot en reviendra de toute façon à Roberto Martinez. Réponse à la mi-mars lors de la prochaine sélection nationale.