Benjamin Goeders, le Monsieur Marketing des Diables, est un homme heureux

BRUXELLES Il fut un temps où il raclait les fonds de tiroir. Aujourd’hui, le Monsieur Marketing des Diables, Benjamin Goeders, ne doit plus retourner les poches de ses pantalons pour trouver l’argent que les sponsors refusaient voilà 7 ans de lui accorder : “Quand une équipe ne gagne pas, elle perd son côté sexy. Il ne fallait pas s’étonner que les marques s’enfuient.”

C’était avant l’ère des De Bruyne, Hazard et autre Kompany. Avant aussi que le travail titanesque de Benjamin Goeders et de la cellule marketing ne soit accompli.

Benjamin, le Monsieur Marketing que vous êtes vit-il un peu un rêve éveillé ?

“C’est vrai qu’on n’a pas trop à se plaindre. (sourire) Mais tout cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Je pense qu’il y a eu plusieurs déclics. Le match en Autriche où le public nous avait massivement suivis en était un. Mais déjà aux Jeux Olympiques de 2008, les gens s’étaient rendu compte que l’on possédait une génération dorée.”

Qui rapporterait aujourd’hui dix millions d’euros par an à l’Union belge. Vous confirmez ?

“Oui c’est plus ou moins cela. Le chiffre précis est toujours difficile à donner car cela varie aussi en fonction des prestations. Pour le merchandising, les royalties sont notamment versées deux ans après. Mais avec 10 millions, on n’est pas loin de la vérité.”

Les Diables attirent les sponsors par leurs prestations mais aussi par leur nom. Vous pensez qu’un mouton noir aurait effrayé les sponsors ?

“Je vois à quoi vous faites allusion. Vous voulez dire que nous devrions être heureux de ne pas avoir connu une affaire Zahia comme les Français? C’est vrai que nous avons de la chance, mais je rappelle toujours que les joueurs ne sont finalement que des ados, post-ados ou de jeunes adultes. Moi, quand j’étais à l’université, je ne pensais qu’à m’amuser, qu’à boire et qu’aux femmes. La différence, c’est que la presse n’était pas là pour raconter nos conneries le lendemain matin.”

Craignez-vous qu’une sortie, qu’un dérapage des joueurs vous fasse perdre des sponsors ?

“Non, pas du tout. Je n’ai pas la moindre angoisse à l’idée d’ouvrir le journal le matin. Ce n’est pas parce que Fellaini va faire la fête au Carré que cela va changer quelque chose pour nos sponsors. Il faudrait vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup d’affaires pour impacter notre marketing. Et puis, les joueurs ont le droit de s’amuser. Ils ne doivent pas sacrifier leur jeunesse pour leur carrière.”

Lesquels semblent le plus s’amuser à jouer le jeu des sponsors ?

“Ce sont tous des grands professionnels. Même ceux que cela n’amuse pas spécialement sont suffisamment pros pour arriver à le cacher. (sourire) Dans les clubs où ils évoluent désormais, ils sont habitués à cela. Daniel Van Buyten me racontait que tous les mois, il devait signer 1.000 cartes, 500 ballons et 500 t-shirts au Bayern ! Quand il arrive ici, il demande directement ce qu’il doit faire.” (sourire)

Mais vous sentez bien qu’un Vincent Kompany se passionne presque pour le marketing !

“Disons que nous, au service marketing, on a sans doute plus de choses à apprendre de Vincent que Vincent de nous. La façon dont il maîtrise l’art de la communication, en commençant par Twitter, est absolument fabuleuse. Mais vous voyez bien que les autres sont en train de suivre ses pas ! Et évidemment que des personnalités pareilles attirent les sponsors...”

Et donc l’argent. Que faites-vous avec ces dix millions ?

“Écoutez, l’Union belge est une asbl, elle a l’obligation de réinvestir cet argent. Personne ne partira jamais avec la caisse. Vu nos 11.000 matches par semaine, nos 2.000 clubs, nos 6.000 arbitres, la question de savoir que faire de cet argent ne se pose même pas.”



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© La Dernière Heure 2013