Le trop gentil Christian Benteke a appris à ne plus se laisser marcher sur les pieds

Même ses détracteurs ne peuvent désormais plus aboyer. Hier, en revenant à Neerpede, Christian Benteke pouvait brandir le match référence qui lui manquait : “C’est vrai que c’est ma meilleure prestation chez les Diables. Je m’étais dit que ce serait compliqué de marquer mais je voulais au moins tout donner. Finalement j’ai mis mon but en plus. J’ai eu un peu peur en voyant que la balle prenait de la vitesse. Avec la pluie, elle risquait aussi de glisser mais je suis resté concentré.”

Un but sur lequel un autre ancien Genkois, Kevin De Bruyne s’était aussi invité : “J’entends qu’on parle beaucoup des anciens de Genk mais c’est avant tout, le collectif qui a bien fonctionné. Cette fois-ci, on a peut-être été les trois joueurs décisifs avec Thibaut Courtois mais chacun a rempli sa tâche. Maintenant, il est clair que mes automatismes avec Kevin ont joué. Si vous regardez les archives, vous verrez qu’il m’avait déjà mis un ballon comme cela contre le Club de Bruges la saison passée. Je connais sa vista !”

Les critiques elles semblent s’être définitivement éloignées. Accusé d’être trop gentil, de se laisser marcher sur les pieds, Christian Benteke aura aussi su montrer les dents en Serbie : “Je me connais. Vous ne verrez jamais la méchanceté sur mon visage mais c’est clair qu’à ce niveau-là, j’ai nettement progressé. On me disait d’être méchant mais cela veut dire quoi ? Au final, il s’agit simplement de gagner les duels. Je crois que c’est ce que j’ai fait. J’arrive à mieux jouer de mon corps mais je l’avais déjà fait face à la Croatie sans réussir à marquer. Je ne me laisse pas faire et je crois que le coach est content de moi.”

Après avoir porté cette gentillesse comme un fardeau, l’ancien Genkois aura surtout profité de ses premières semaines en Angleterre pour changer : “C’est clair que là-bas je suis tout de suite tombé face à des défenseurs agressifs. Je me suis dit maintenant, c’est toi ou lui. Cela m’a forcément obligé à changer et à jouer avec mon corps. Et puis vendredi, les défenseurs serbes n’étaient finalement pas si méchants.”

Restait encore à se débarrasser du dernier reproche souvent lancé à son sujet. Accusé de galvauder trop d’occasions, Christian Benteke n’aura même pas dû attendre la mi-temps pour marquer : “La confiance y est pour beaucoup. Mais je crois aussi que je réfléchis beaucoup moins qu’avant. Je me souviens d’occasions ratées où je me posais la question de savoir où j’allais la placer. Maintenant, je prends le ballon comme il vient. Je sais que je ne vais pas changer du jour au lendemain et que je devrai encore y travailler.”

En sachant aussi que pour l’heure, personne ne semble capable de l’arrêter.



© La Dernière Heure 2012