Christian Benteke a transformé un penalty décisif qui a permis à Liverpool de s’imposer à Crystal Palace (1-2).

Et puis il s’est dirigé vers la partie de tribune de Selhurst Park réservée aux supporters de Liverpool. Sur son visage, pas la moindre once de soulagement mais un masque de cire figeant ses traits.

Plutôt que de lever ses mains au ciel comme le veut sa routine habituelle lorsqu’il marque, Chrisitan Benteke les a cette fois placées derrière ses oreilles comme pour mieux les tendre après une période compliquée faite de critiques et de questionnement après 715 minutes sans marquer qui ont pris fin sur un penalty que l’attaquant est lui-même allé chercher.

Le contact avec Delaney avait beau être léger, il était bien réel. "S’il n’y en avait pas eu, Christian aurait été en bonne position pour frapper, il y a clairement penalty", assurait Jürgen Klopp qui s’est félicité de son coaching. "C’est un changement parfait, il a travaillé dur. Il s’est très bien débrouillé."

En l’espace d’une grosse dizaine de minutes sur le terrain, Benteke, qui a remplacé un Divock Origi volontaire mais neutre, a trouvé moyen de cadrer 3 des 5 frappes de son équipe qui, menée au score après le but de Ledley (49e) et réduite à 10 suite à l’exclusion de Milner (62e), avait bénéficié d’une grossière erreur du portier de Palace pour égaliser grâce à Firmino (72e).

Le premier ballon du Diable s’est instantanément transformé en occasion mais sa reprise du plat du pied gauche sur corner était trop molle pour tromper un Mac Carthy qui a ensuite dans les arrêts de jeu détourné sa deuxième frappe.

Ces occasions galvaudées auraient pu faire germer en lui l’idée d’un doute. Mais le Diable, avec beaucoup de caractère, n’a pas lâché pour aller chercher ce penalty.

"Je ne suis pas inquiet pour, il est sur la bonne voie", avait assuré avant la rencontre Klopp qui a donc vu juste.

La manière avec laquelle Benteke a transformé ce penalty en est l’illustration.

Comme le soutien de ses partenaires incarné par cette petite phrase de Milner, le préposé habituel de l’exercice exclu, qui précisait : "J’avais une totale confiance en lui."

Et Benteke a pris ses responsabilités avec sang-froid. Le Diable l’a avoué : "Je devais le frapper." Il devait surtout marquer ce penalty. Ce qu’il a fait pour peut-être d’impulser une nouvelle dynamique dans une saison jusque-là compliquée.

"Je suis ravi pour lui", souriait Jamie Carragher sur Skysports. "Il a signé pour un gros montant et rien n’a été simple pour lui. On est presque désolé pour lui quand Klopp fait jouer Origi et le fait rentrer. C’est comme s’il était un quatrième choix. Mais il ne s’est jamais plaint dans la presse alors qu’on peut s’attendre à une réaction différente de la part de quelqu’un qui ne joue pas." Lui a préféré le travail. Et il en a enfin été récompensé.