Quelqu’un aurait-il des nouvelles d’Artyom Dzyuba ? Sans doute personne, tant Dedryck Boyata a éteint l’attaquant russe, samedi (3-0). Le défenseur du Hertha Berlin était l’invité que l’on n’attendait pas vraiment comme titulaire, mais sa prestation, certes à relativiser face à une Russie peu inspirée offensivement, a rassuré. Ses statistiques renseignent 83 % de duels défensifs gagnés, et 97 % de passes réussies.

Dedryck, on vous a senti très sûr de vous, très en confiance, mais à la fois très zen, samedi.

"Chaque joueur, avec son caractère, a sa façon d’aborder un match. Mais la confiance que le sélectionneur m’apporte joue un très grand rôle sur mes prestations. À 30 ans, j’ai des matchs derrière moi, un vécu, de l’expérience des grands tournois. Je sais gérer cette pression."

Qu’avez-vous pensé de votre prestation ?

"Plutôt bonne, je crois. Mon rôle était de m’occuper de Dzyuba. On savait que la Russie allait essayer de s’appuyer sur lui, sur sa puissance, et je pense avoir fait ce qu’il fallait pour l’en empêcher."

Quand avez-vous appris votre titularisation ?

"On a préparé ce premier match toute la semaine. Mais le moment de vérité, celui où vous recevez la confirmation que vous êtes titulaire ou pas, c’est le meeting tactique d’avant-match."

Six ans se sont écoulés entre vos deux premières apparitions avec les Diables (premier match en 2010 et deuxième en 2016). Avez-vous douté un jour de votre avenir au sein de l’équipe nationale ?

"Je ne me rappelais plus que c’était si long. Oui, entre 2010 et 2016 j’ai vécu des moments difficiles. J’évoluais à Manchester City (NdlR : il a été prêté à Bolton puis Twente entre 2011 et 2013), où la concurrence était élevée. La décision de partir au Celtic en 2015, où j’ai joué beaucoup plus de matchs, m’a aidé."

Et quel regard portez-vous sur votre évolution entre le Mondial 2018 et cet Euro 2020 ?

"Je ne viens pas ici pour crier haut et fort que je devrais jouer. Cette situation a toujours été un peu floue, mais depuis que Roberto Martinez me reprend, il me donne énormément de confiance. Le moment clé, clairement, c’était la Coupe du monde 2018. J’ai eu la possibilité de remplacer les blessés (NdlR : Kompany et Vermaelen), de jouer les premiers matchs, et je pense avoir bien presté. Cette saison-ci a été plus compliquée à cause de ma blessure (NdlR : de janvier à avril), mais j’ai travaillé très dur pour faire partie de cette sélection."

Vous avez évolué au centre du trio défensif samedi, mais pourriez-vous aussi jouer à gauche, si Vertonghen venait à devoir déclarer forfait ?

"Ma place de prédilection est au centre, mais j’ai déjà joué à gauche et on travaille les différentes positions à l’entraînement."