Rencontre avec Marko Vuckovic, le bouillant chef des Ultras de l’Étoile Rouge

BELGRADE Officiellement, ils sont un fléau dont le football serbe veut se débarrasser. Mais la réalité est bien différente. Les hooligans sont toujours là. Dans l’ombre.

Les noyaux durs des groupes de supporters du Partizan et de l’Étoile Rouge, sans cesse à la limite de la légalité, ont encore, en coulisses, une influence considérable dans le foot serbe. Pourtant, on en parle très peu. C’est le règne de la loi du silence.

Plusieurs journaux de Belgrade ont ainsi fait le choix de ne plus jamais donner la parole aux supporters. Il était plus facile de couper les liens que d’entretenir avec eux une relation nébuleuse. Quant à la Fédération, elle n’ose même pas s’adresser directement aux supporters : pour leur demander de ne soutenir que d’une voix la sélection, elle a préféré passer par les clubs.

Difficile, dans ces conditions, de trouver un supporter qui accepte de témoigner à visage découvert. Nous avons toutefois réussi à interroger Marko Vuckovic, le chef des Ultra Boys Belgrade , le groupe de supporters le plus importants à l’Étoile Rouge. Pour lui, c’est très clair : il ne sera pas question de répondre aux sirènes de la Fédération lors du match contre les Belges.

“Bien sûr, on aime la Serbie. Et on respecte notre équipe nationale. Mais ce match contre la Belgique, on s’en fout” , lance Vuckovic : “Ne comptez pas sur nous pour aller encourager la sélection comme on le fait avec notre club. On changera peut-être d’avis le jour où la Fédération ne sera plus dirigée par ces gens-là...”

Le principal visé, c’est le président de la Fédé , Tomislav Karadzic, qui a longtemps été président du… Partizan.

Marko Vuckovic n’est pas du genre à revenir sur sa parole. Il a la dent dure, tout comme son entourage. Il est d’ailleurs l’un des proches d’amis d’Ivan Bogdanov, devenu un soir d’octobre 2010 le visage (et les muscles) du hooliganisme serbe.

Ce soir-là, à Gênes, celui que l’on surnomme Ivan le terrible est le meneur de la fronde. Jets de projectiles, insultes, gestes et chants racistes,... Le match entre l’Italie et la Serbie est interrompu après sept minutes. Menotté, Bogdanov finira la soirée en cellule... en compagnie de son pote Marko Vuckovic. La raison de la révolte ? Simplement laver l’honneur de leur club, sali par l’international Stojkovic.

Vuckovic n’est pas du genre à pardonner. Sa conclusion est simple. “Pour moi, il n’y a que deux choses qui comptent : l’Étoile Rouge et… l’Étoile Rouge.”



© La Dernière Heure 2012