«Ce n'est pas pour mes beaux yeux qu'on m'a gardé comme coach»

Diables Rouges

Yves Taildeman

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<i>«Ce n'est pas pour mes beaux yeux qu'on m'a gardé comme coach»</i>
© Photonews
"Six sur six", dit Aimé Anthuenis avant l'Égypte, et nous revoilà dans le parcours pour le Mondial"

La sélection du coach fédéral

BRUXELLES Eh oui, les Diables Rouges existent encore. Après une trêve de presque trois mois, ils se remettent même à jouer. Mercredi prochain, au Caire, ils prépareront les matches de qualification pour le Mondial contre la Bosnie (26/3, à Bruxelles) et Saint-Marin (30/3, en déplacement), même si la campagne semble déjà perdue. Malgré le 1 sur 9, le patron des Diables est toujours Aimé Anthuenis. Et ce midi, il divulgera sa première sélection 2005. Pendant que nous attendons le brave Aimé dans le hall d'entrée de l'Union belge pour une interview, la réceptionniste glisse une cassette vidéo dans un magnétoscope: c'est la énième fois qu'Hollande-Belgique de juin dernier (0-1) est remontré. Et pour cause, c'était la seule victoire belge en 2004.

«2005 ne peut pas être pire que 2004, nous jure Anthuenis. Les matches cruciaux sont ceux contre la Bosnie et Saint-Marin. Un six sur six, et nous revoilà dans le parcours! Je ne dis pas que cela suffira pour se qualifier pour l'Allemagne 2006, mais on devra à nouveau tenir compte de nous. Dans notre groupe, l'Espagne reste mon grand favori, mais tout le monde peut chiper des points à tout le monde. Désormais, je refuse de mettre de l'énergie dans des pensées négatives. Ce qui se passe si on ne bat pas la Bosnie? Pas de réponse. Je ne tiens compte que du scénario positif.»

«Peur d'être viré? Je ne connais pas ce mot»

Hélas! pour Aimé, il faut aussi tenir compte du négatif. En cas de nouvel échec, Anthuenis sait qu'il sera viré, même s'il ne l'avoue pas. «Peur d'être viré? Le mot peur ne figure pas dans mon dictionnaire. Est- ce que vous serez viré si demain, vous vendez 200 DH de moins? Je suis bien trop vieux pour me faire des soucis. J'ai 61 ans, ma carrière est faite. Cela peut paraître prétentieux, mais je fais mon boulot avec coeur et âme. J'aurai fait des fautes en 2004, mais je suis assez sûr de mon affaire, je n'ai rien à me reprocher. Tant que l'ambiance entre moi, les membres du staff et les joueurs reste bonne, je ne vois pas pourquoi j'abandonnerais. On a fait une très bonne campagne pour l' Euro, j'ai rajeuni toute l'équipe. J'espère aller jusqu'au bout de mon contrat, en juin 2006.»

D'autres entraîneurs fédéraux ont été limogés malgré des résultats moins mauvais. Aimé ne doit-il pas remercier l'Union belge pour sa confiance? «Ce sont des couillonnades de dire ça. Vous ne croyez quand même pas qu'ils m'ont gardé pour mes beaux yeux? Le public se rend bien compte - mieux que la presse - à quels problèmes j'ai dû faire face. Mais je m'en fous des critiques. Je préfère la critique que la pitié. Les gens savent que je n'avais pas d'alternatives. Non, je ne me sens pas sous pression contre l'Égypte. C'est un match pour voir où on est. Mais ne sous-estimons pas l'Égypte non plus. Ce pays a battu la Bulgarie par 3-0, ce ne sont pas des mauviettes. Même chose pour la Bosnie. On dit que c'est un adversaire facile, sans vraiment les connaître. Je les ai vus contre l'Espagne. Impressionnant!»

«On n'a pas d'attaquants belges dans notre championnat»

Anthuenis ne promet pas des miracles, mais prudemment il dit: «En principe, notre forme devrait être meilleure. Sonck rejoue, Buffel et Emi- le, aussi, Pieroni, parfois. Je n'aurais pas pu sélectionner d'autres attaquants: dans le championnat belge, il n'y en a pas. L'équipe type du Soulier d'Or en est la meilleure preuve. (NdlR: les trois attaquants élus étaient Aruna, Balaban et Wilhelmsson). Non, je ne regrette aucune décision. Quelles autres fautes est-ce que j'ai commises? J'aurais dû résoudre plus vite le cas Emile Mpenza? Quand un joueur me dit qu'il veut se concentrer sur son club, je dois respecter son choix. J'ai été trop critique vis-à-vis des joueurs avant le match contre la Serbie-et-Monténégro? Non. J'ai l'habitude de dire ce que je vois. Il y avait une crise de forme, et ça s'est prouvé lors du match.»

© Les Sports 2005

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