Charmé et étonné par Marc Wilmots, Philippe Collin réfléchit déjà à Rio

BRUXELLES C’était il y a tout juste trois mois. Coincé seul sous une pluie d’été, Philippe Collin décidait brutalement que Marc Wilmots était l’homme qu’il fallait. En deux temps trois mouvements, l’homme fort de l’Union belge réglait alors son contrat de T1 sans rien oublier: “J’avais pourtant reçu des tas de coups de fil. Je pourrais faire une liste avec tous les gens qui ont tenté de m’influencer. Mais après avoir consulté les cadors de l’équipe, je savais qu’il fallait prendre Marc.”

Monsieur Collin, est-ce que vous avez ne fût-ce qu’un instant douté de votre choix ?

“Non. Je n’ai aucun doute. Je prends le pouls du noyau régulièrement et je sais comment cela va. Quelqu’un comme Kompany que je connais depuis ses huit ans se confie facilement. Marc maîtrise parfaitement la situation et il m’étonne. Aussi bien psychologiquement que tactiquement.”

Sur la tactique aussi?  C’est précisément la faiblesse pointée par ses détracteurs.

“Hé! bien, il me surprend. Il a toujours plusieurs plans dans sa poche. La manière dont il a remplacé Marouane face aux Pays-Bas l’a prouvé. De toute façon, on ne peut pas faire l’unanimité. Certains veulent un six sur six contre le pays de Galles et la Croatie, mais je sais que le football n’est pas une science exacte. Un fait de match peut tout faire basculer.”

Vous avez aussi connu les critiques. Certains vous reprochaient un conflit d’intérêt entre votre rôle à Anderlecht et l’équipe nationale.

“Maintenant qu’ils jouent tous à l’étranger, j’ai la paix. On ne peut plus me soupçonner de vouloir les transférer. Ils sont devenus trop chers.” (sourire)

Mais certains remarquent que l’encadrement de l’équipe devient de plus en plus mauve. À commencer par les terrains du Sporting que vous utilisez.

“Quand les joueurs m’ont demandé de s’entraîner à Anderlecht, je leur ai dit qu’il n’en était pas question. Je savais qu’on me le reprocherait. Puis le staff technique s’en est mêlé. Marc a insisté et j’ai fini par accepter.”

Quelles sont vos relations avec lui? 

“ Marc n’est pas un téléphoniste. C’est un pragmatique. Quand il me contacte, c’est pour régler un problème. Leekens m’appelait tout le temps et cela n’a d’ailleurs pas changé depuis son départ. Sa sortie m’a assommé, mais cela s’est apaisé depuis. Il m’arrive aussi de l’appeler de mon côté.”

À la différence d’un Leekens, Wilmots a calmé tout le monde après les Pays-Bas. Cela vous a surpris?

“Cela vaut surtout pour les joueurs. Il leur a tenu un discours sévère. Directement dans le vestiaire! On connaît Marc, c’est un pitbull.”

Préparez-vous déjà vos vacances à Rio?

“Cela fait bien longtemps que je n’ai plus pris de vacances, vous savez. (sourire) Cela dit, je réfléchis déjà à l’élargissement du staff. Quand vous voyez qu’en Allemagne, Löw a cinq adjoints, on devra engager du personnel! ”



© La Dernière Heure 2012