"Thierry Henry, ah oui quand même !" Combien de fois avez-vous entendu cette phrase depuis vendredi midi ? Et combien de fois l’avez-vous prononcée ? Cette réflexion était souvent suivie de l’interrogation "Mais comment l’Union Belge a-t-elle fait pour engager un tel monument du football mondial ?" ou de sa variante "Mais combien les dirigeants doivent-ils le payer ?" On vous raconte les coulisses de l’un des plus beaux coups de l’histoire plus que centenaire de l’Union Belge.

Comment l’UB a-t-elle pris contact avec Henry ?

Le premier contact entre l’Union Belge et Thierry Henry remonte à la fin du mois de juillet. Ralf Rangnick, l’un des trois autres entraîneurs sur la short-list de l’UB pour succéder à Marc Wilmots, avance comme argument de séduction qu’il a l’accord de Thierry Henry pour devenir son adjoint. Quelques jours plus tard, l’UB opte pour Roberto Martinez. Henry reprend alors contact avec la fédération. Il explique qu’il est toujours intéressé par un poste dans le staff technique, même sans Rangnick. Une candidature spontanée qui n’étonne pas vraiment les dirigeants de l’UB qui avaient remarqué l’enthousiasme du Français de 39 ans lors des premières discussions.

Pourquoi Martinez a-t-il accepté la candidature d’Henry ?

L’UB a alors signifié la candidature de Thierry Henry à Roberto Martinez. L’Espagnol s’est vite montré intéressé. Il connaissait bien le Français pour avoir suivi le même programme de formation au pays de Galles. Les deux hommes avaient même découvert une passion commune pour… les drones utilisés lors des séances d’entraînement. Martinez avait aussi croisé Henry dans les locaux de Sky Sports durant le dernier Euro. Le coach fédéral a vite estimé qu’Henry remplissait parfaitement le profil qu’il recherchait.

Henry était-il le seul candidat comme T3 ?

Après avoir reçu de nombreuses candidatures pour le dernier poste d’adjoint disponible, l’Union Belge a établi une short-list de trois noms. Thierry Henry donc mais aussi deux Belges : Franky Van der Elst et Thierry Siquet, l’actuel coach des U17 à la fédération.

Combien va gagner Henry avec les Diables ?

"Henry n’est pas venu pour l’argent mais parce qu’il estime qu’il peut gagner des trophées internationaux avec la Belgique", nous a confié un membre de l’Union Belge. Effectivement, Thierry Henry gagnera moins de 100.000 € par an chez nous (soit moins de 8.000 € par mois). "Pendant les négociations, 95 % des discussions ne concernaient pas l’argent", précise Chris Van Puyvelde, le directeur sportif de l’UB. Si Henry a accepté un salaire si bas, c’est aussi parce qu’il touche six millions par an en tant que consultant sur Sky Sports. Un boulot qu’il combinera avec celui de T3 des Diables.

Le budget dévolu au staff de l’équipe nationale n’a pas été dépassé (budget tout de même revu à la hausse par rapport à l’ère Wilmots). Pour y parvenir, Martinez a aussi accepté de reverser une partie de son salaire à Inaki Bergara, l’un des entraîneurs des gardiens.

Quand Henry arrivera-t-il en Belgique ?

Il sera là dès lundi pour le premier entraînement des Diables à 17 h à Neerpede. Une séance qui ne sera pas ouverte au public. "Il est malheureusement impossible de faire des séances ouvertes aux supporters à Neerpede pour des raisons de sécurité. On pourra par contre le faire à Tubize dès le mois d’octobre", explique Pierre Cornez, porte-parole de l’UB.


"L’impact de l’adjoint devait être le plus grand possible"

Roberto Martinez estime que le football belge intriguait Thierry Henry

Roberto Martinez a esquissé un petit sourire en regardant la tête des journalistes belges quand Chris Van Puyvelde a expliqué que Thierry Henry serait l’un des adjoints dans le staff des Diables.

L’entraîneur semblait également fier de pouvoir présenter un tel bras droit. "C’est surtout important pour les joueurs", précisait-il. "Thierry va pouvoir aider les joueurs. L’impact devait être le plus grand possible."

Sous-entendu : Thierry Henry va devoir secouer des Diables talentueux mais parfois trop sûrs de leur talent. "Thierry va apporter autre chose que Graeme (NdlR : Jones, son autre adjoint). Il va apporter son expérience, montrer tout ce qu’il faut pour gagner."

Martinez compte aussi sur le Français (qui parle parfaitement anglais mais qui se débrouille également en espagnol depuis son passage à Barcelone) pour faire progresser ses attaquants. "C’est clairement entré en ligne de compte. Le coach d’une sélection ne voit pas beaucoup ses joueurs. Il était donc important d’avoir quelqu’un qui peut amener son expérience très rapidement. Je suis certain qu’il va nous apporter beaucoup."

Comme ce fut le cas pour lui, Roberto Martinez estime que Thierry Henry a accepté facilement le défi belge. "Le monde du football est intrigué par ce qu’il se passe en Belgique. C’est une équipe compétitive qui donne envie."