Notre sélectionneur national a accordé un interview au quotidien espagnol El Bernabéu dans lequel il s'exprime notamment sur le coronavirus, le confinement et sur les Diables Rouges.

Comment vivez-vous votre confinement à Wigan (Angleterre) ?

"Les mesures actuelles font que nous pouvons sortir une fois par jour pour faire du sport. C'est une zone très rurale donc nous n'avons pas les difficultés qu'il peut y avoir dans une grande ville. Mais ça fait quand même déjà 7 semaines."

Comprenez-vous la crainte des footballeurs concernant la reprise ?

"Oui, il doit y avoir une très bonne communication. Tout doit être clair sur l'évolution de la situation. Pour l'instant, il est encore trop tôt pour prendre des décisions. Il faut d'abord essayer de sortir de cette crise avant de pouvoir nous concentrer sur une solution footballistique".

Comment un sélectionneur peut-il travailler sans Euro et sans football à regarder ?

"Cela donne davantage de temps pour la préparation de l'Euro qui aura lieu dans 13 mois. En tant que sélectionneur, on doit regarder les jeunes joueurs et travailler avec les clubs pour leur permettre de se développer. Nous travaillons également en interne pour améliorer nos tactiques et pour analyser le style de jeu nos joueurs".

Le coronavirus a permis de dissiper les doutes concernant la participation d'Eden Hazard à l'Euro...

"Nous avons toujours été très optimistes sur la présence d'Eden avec nous. Il a très bien réagi à l'opération. Les signes sont très positifs. Maintenant, il a l'occasion de se concentrer sur sa récupération sans avoir ce stress de l'Euro. J'espère qu'il pourra revenir sur les terrains avant la fin août si la Liga reprend. Je suis en tout cas optimiste".

Vous lui avez parlé récemment ?

"Nous sommes en contact. Nous avons toujours beaucoup d'informations grâce aux services médicaux. Tout a été très positif. C'est un 'papy', qui aime être à la maison avec sa famille donc il n'a pas eu trop de problème avec le confinement".

En tant que sélectionneur belge, comment avez-vous géré le moment où Meunier a blessé Hazard ?

"C'était un accident. J'étais présent au match ce soir-là. C'était une action malencontreuse de la part de Thomas Meunier. Ce sont deux coéquipiers fantastiques".

Si Eden a eu beaucoup de difficultés cette saison, pour Courtois c'est l'inverse...

"Il n'a rien changé et c'est une bonne chose. Je pense que Thibaut ne s'est jamais laissé affecté. Il était conscient qu'il devait améliorer ses performances et atteindre son niveau habituel. Je l'ai vécu avec une grande fierté".

Aimez-vous davantage être sélectionneur ou entraîner dans un club ?

"Je n'avais jamais pensé être sélectionneur à mon âge. J'ai toujours pensé qu'être sélectionneur, c'est au début ou à la fin de sa carrière. Mais j'avais tort. Travailler à l'international vous rend meilleur en tant qu'entraîneur. Vous n'avez pas le droit à l'erreur. J'apprécie vraiment cela. Ici en Belgique, nous avons comme objectif de gagner tous les matchs que nous jouons mais également d'aider les jeunes footballeurs pour remplacer cette génération dorée: Courtois, Hazard, De Bruyne, Lukaku, Verthongen, Alderweireld, Kompany , Witsel, ... C'est une double tâche". 

La pandémie de coronavirus a-t-elle changé votre façon de voir l'avenir ?

"Oui, cela vous fait réfléchir davantage aux choses auxquelles vous ne donnez pas d'importance habituellement. C'est probablement également le cas dans le football. Nous pensons toujours au futur et, peut-être,qu'il est important de savourer au jour le jour. C'est quelque chose que nous devons voir de manière positive. Non seulement au niveau footballistique, mais aussi au niveau humain. Cela nous rendra meilleurs".