Le sélectionneur Craig Levein affiche sa foi en ses hommes

BRUXELLES Craig Levein est un homme pressé. Attendu. Et qui a certains dons de funambules.

Depuis la défaite vendredi soir à Cardiff, le sélectionneur écossais marche sur un fil qui pourrait rompre en cas de mauvaise performance ce soir. L’homme a suffisamment de vécu pour avoir conscience de sa situation mais également pour dribbler les questions qui le dérangent.

“La pression ? C’est toujours pareil. Il y avait beaucoup de déception après le match, je n’avais vécu une telle situation” , éludait-il en faisant référence au scénario vécu par les Écossais. Un but refusé à Steven Fletcher qui aurait porté le score à 0-2, plus un penalty généreusement accordé à Gareth Bale pour faire basculer une rencontre qui tendait les bras à ses hommes, voilà deux bonnes raisons de se révolter.

Levein n’en fait pas mystère : il a actionné le vieux levier de la frustration et il va encore le faire aujourd’hui. “Bien sûr que nous allons utiliser ce sentiment d’injustice qui nous habite même si ce n’est pas le meilleur endroit qui soit pour le faire” , reconnaît le technicien.

“Mais j’ai confiance en mes joueurs qui sont animés par cette injustice, cette colère. J’ai vu de bonnes choses vendredi. Il faut s’appuyer là-dessus car le contenu était bon, il ne faut pas l’oublier même si le résultat le fait passer au second plan. J’ai une totale confiance en mon groupe” .

Et Levein de le répéter trois fois en l’espace de dix minutes. “Nous sommes capables de le faire. J’ai un plan, nous l’avons travaillé ces derniers jours. C’est une très bonne équipe avec beaucoup de qualités individuelles et ils ont prouvé la valeur de leur collectif en Serbie. Mais comme je l’ai dit, nous sommes capables de faire quelque chose.”

Comment ? Levein n’a pas voulu en dire plus.

Son capitaine Darren Fletcher qui lui a succédé quelques minutes plus tard a levé un peu le voile sur les intentions écossaises avec un leitmotiv : la frustration ne doit pas se transformer en naïveté et il ne faudra pas compter sur les Britanniques pour partir à l’abordage, même s’ils vont jouer pour sauver leur entraîneur du naufrage.

“Il faudra prendre des risques, bien sûr ”, reconnaît Fletcher. “Mais nous n’allons pas non plus trop nous découvrir car la Belgique reste très dangereuse en contre et ce serait le meilleur moyen de se faire surprendre. Plus longtemps le score restera à 0-0, mieux ce sera pour nous.”



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