Kevin De Bruyne fut brillant à Belgrade mais a déjà le regard tourné vers l’Écosse

S’il existait un championnat du monde du mec le plus relax, Kevin De Bruyne pourrait représenter la Belgique avec des ambitions de podium. De retour de Serbie au lendemain de son premier but avec les Diables assorti du titre honorifique d’homme du match, le rouquin de 21 ans a relativisé tout l’enthousiasme né du superbe succès de Belgrade hier après-midi, après une séance de décrassage à Neerpede.

Comment vous sentez-vous après cette remarquable prestation ?

“Fatigué. J’ai besoin de sommeil et de repos. J’ai une petite douleur au tendon d’Achille mais rien de grave.”

Est-ce que le vendredi 12 octobre fut le plus beau jour de votre carrière ?

“N’oubliez pas que j’ai déjà remporté un titre et une Coupe avec Genk. Le match du titre avait vraiment été très spécial. Disons que le sentiment est comparable après cette prestation en Serbie. La qualification n’est pas acquise, mais c’est chouette de marquer pour son pays.”

Avez-vous fait la fête dans le vestiaire du Marakana ?

“Non, pas du tout. On était tous contents mais on sait tous qu’il reste encore sept matches dans ce groupe. On fera la fête si on se qualifie pour le Brésil.”

N’auriez-vous pas dû recevoir une chance plus tôt ?

“C’est bien comme ça. Je n’ai que 21 ans, hein ! J’espère que dès à présent, je pourrai aider davantage l’équipe nationale, mais ce n’est pas cela, le plus important. Ce qui compte, c’est que l’équipe aille à cette Coupe du Monde. Je veux bien qu’on soit mauvais dans nos sept prochains matches, du moment qu’on en gagne cinq ou six…”

C’est ce qu’il faudra pour remporter ce groupe ?

“Oui, je pense. Avec cinq victoires, on sera probablement proche de Rio.”

Il faudra déjà en ajouter une mardi contre l’Écosse.

“Oui. Ce sera un match totalement différent. Déjà, on aura plus de pression sur nos épaules. En Serbie, tout le monde aurait été content avec un point. Ici, le pays n’attend qu’une seule chose : une victoire contre les Écossais. Si on joue trois points mardi, on pourra être satisfait de notre début de campagne avec dix points sur douze.”

L’Écosse a perdu contre le Pays de Galles vendredi. Une bonne chose pour les Diables ?

“Oui. L’Écosse a raté son entrée en matière et se retrouve déjà assez loin. C’est toujours une bonne nouvelle de voir un concurrent perdre des plumes.”

Vous semblez incroyablement relax. Vous venez pourtant d’écrire une des plus belles pages des dix dernières années de l’équipe nationale.

“Je suis toujours comme ça. C’est difficile de m’impressionner. Vous savez, ce n’est que trois points.”

Savez-vous depuis quand les Diables n’avaient pas gagné par trois buts d’écart à l’extérieur ?

“Aucune idée.”

Depuis 2001 et un succès 1-4 à Saint-Marin.

“C’est bien mais on veut surtout aller à la Coupe du Monde. On a gagné un match difficile en Serbie mais on doit refaire la même chose contre l’Écosse.”

Avec vous dans le onze de base ?

“Je ne sais pas. Si le coach décide de faire un autre système et qu’il n’a pas besoin de moi, je ne jouerai pas. Je ne revendique rien du tout.”

Vous semblez pourtant en toute grande forme.

“Je me sens bien physiquement. La préparation avec Chelsea puis le Werder Brême fut bonne. Je me sens frais alors que je joue tous les matches en Allemagne.”

À ce propos, on remarque que vos joues rougissement moins vite qu’avant.

“Il faut dire aussi que je deviens adulte. Mais cela arrive encore quand même. Cela dépend du temps. Quand il fait chaud, je deviens vite rouge. Et s’il y a vraiment du soleil, dix minutes suffisent pour que je sois tout rouge.” (sourires)

Seule ombre au tableau ces dernières semaines : vos critiques sur le jeu pratiqué en Bundesliga ont été mal perçues.

“C’est le Bild qui est à la base de ce grand malentendu. Les journalistes ont mal traduit une interview que j’ai donnée dans un quotidien flamand. Il est vrai que mon jeu est plus basé sur la possession du ballon mais ce n’est pas une raison pour dire que je suis malheureux en Allemagne. Qu’ils écrivent ce qu’ils veulent, je suis ici en équipe nationale, et il faut plus que cela pour me déstabiliser. S’ils veulent vraiment savoir ce que je pense du jeu en Allemagne, ils n’ont qu’à me téléphoner. Je n’ai aucun problème à donner mon numéro.”



© La Dernière Heure 2012