45 minutes. Un but. Un assist. Kevin De Bruyne a été stratosphérique en deuxième mi-temps pour les Diables rouges face au Danemark. Et la presse ne s'y est pas trompée. 

En patron, il a pris le jeu en main, dictant le tempo à un rythme digne de ce qu’il connaît habituellement à Manchester City. "J’ai essayé de trouver l’espace pour l’équipe, on a rectifié le tir ensemble et on est forcément très contents avec cette victoire."

Dix-neuf jours après sa sortie sur blessure en finale de Ligue des champions, et douze jours après son opération chirurgicale à l’orbite, le meneur de jeu des Diables a prouvé qu’il avait récupéré toutes ses sensations.

"Je suis content de retrouver le terrain après ce que j’ai vécu. Je suis heureux de ce que j’ai pu amener à l’équipe. Ça a été long et lourd. Je devais attendre, voir si ça allait. J’ai eu la chance d’être rétabli rapidement et d’avoir pu jouer 45 minutes."

Son état physique n’est pas encore totalement stabilisé. KDB fait au mieux sur le terrain dans les conditions actuelles. "Je suis content de ce que j’ai apporté à l’équipe. Parfois, j’aurais pu faire mieux. Je sens que je dois encore m’adapter à certaines situations. J’ai, par exemple, encore peur d’aller dans certains duels car la fracture n’est pas totalement réparée."

Elle l’a d’ailleurs empêché de voyager en Russie. "Je suis passé chez le médecin mardi pour contrôler que tout allait bien mais c’était encore trop court. Si je suis prêt à jouer 90 minutes ? On devra voir en fonction de l’évolution et de la réaction de mon corps. Je n’ai plus de sensations sur tout le côté gauche de mon visage. C’est un peu le même sentiment qu’après une anesthésie chez le dentiste. Sauf que chez moi, ça risque de durer six mois. Ce n’est pas agréable mais je fais avec."

Cela ne l’a pas empêché de voir extrêmement clair. Surtout sur le premier but où, d’un crochet, il a mis la défense danoise au sol avant de glisser le cuir à Thorgan Hazard.

"Je savais qu’il y avait au moins un joueur à ma gauche. Si j’avais frappé moi-même, le ballon aurait pu être bloqué. J’ai vu l’espace et c’était la meilleure solution."

Malgré ces deux actions décisives et le retournement de situation opéré par les Diables, il est resté d’une extrême sobriété dans sa célébration.

"Je ne voulais pas trop fêter, par respect. Nous étions dans le coin du terrain où tout cela s’est passé. Le plus important, c’est d’avoir pu aider l’équipe. On a montré un autre visage en seconde mi-temps. Le début de match des Danois était très intense. On n’a pas trouvé de solution au pressing des 25 premières minutes. Les supporters danois étaient exceptionnels."

Courtois : "Ne plus balancer de longs ballons sur Lukaku"

Thibaut Courtois a eu du boulot. Trop pour un match du premier tour. De quoi tirer des leçons pour s’améliorer par la suite. "Retenons la force mentale et l’esprit combatif. Nous n’étions pas bons et menés au jeu. Nous avons su retomber sur nos pattes. Avec un peu de chance de rentrer au vestiaire en n’ayant pris qu’un but."

En deuxième mi-temps, les Diables ont renversé le jeu. Grâce au speech de Roberto Martinez ? "Il nous a dit de croire en ce qu’on sait faire. On n’était pas nous-mêmes. Nous ne devons pas balancer de longs ballons sur Lukaku. Nous devions juste être meilleurs avec le ballon."

Witsel : "Fantastique après des mois de souffrance"

Les larmes de tristesse qui ont coulé le 9 janvier dernier à Leipzig ont laissé place à un grand sourire sur le visage d’Axel Witsel. "Je suis ému, c’est normal. C’est fantastique de participer à ce match après autant de mois de souffrance. Mon travail a payé. Je me suis très bien senti dans ce match. Je le dédie à ma famille. Ma femme, mes enfants, mes parents et mes sœurs ont été à mes côtés ces derniers mois."

Son entrée a apporté la sérénité manquante. "On manquait de mouvements en début de match et l’adversaire était plus présent dans le pressing et les duels. On n’a pas joué notre jeu alors qu’on possède les qualités pour construire de derrière. On s’est dit à la pause qu’on devait repartir de zéro. On a su gagner en souffrant et nous voilà qualifiés."

Avant cet ultime match lundi contre la Finlande, qui jouera sa place en huitièmes. "Je dois encore prendre des minutes pour retrouver du rythme, mais je suis prêt. J’ai envie d’enchaîner."