Sa carrière, son frère, les Diables… Jordan Lukaku a vidé son sac.

Une fois n’est pas coutume, Jordan Lukaku a accepté une demande d’interview. Ce sont nos confrères d’Eleven Sports qui ont gagné le droit d’interroger le back gauche belge, chez lui. Avec quelques punchlines à la clé.

Dans cet entretien, disponible en vidéo dans sa version intégrale sur notre site, celui qui n’a joué que 70 minutes cette saison commence par évoquer son retour, pour lequel il semble optimiste : "L’entraîneur m’a demandé d’y aller doucement, lors de la reprise des entraînements. Mais lever le pied n’est pas mon truc." Jordan Lukaku espère maintenant pouvoir réintégrer l’équipe progressivement et s’offrir plus de temps de jeu que la saison passée, à savoir… 231 minutes. "J’aurai besoin de jouer une année complète avant que mes rêves redeviennent des ambitions réalisables", admet celui qui a forcément faim de football après ces longs mois passés à soigner un genou récalcitrant. Ce qui ne l’a jamais découragé : " Je n’ai jamais pensé à arrêter, je ne suis pas un faible d’esprit. Cela a été un combat contre moi-même mais je me sens de nouveau prêt."

Le défenseur de la Lazio, sous contrat à Rome jusque 2022, est aussi revenu sur ses expériences avec les Diables en prenant Marc Wilmots pour cible : "Si j’ai des regrets ? Non. Je sais que je n’étais pas bon mais il faut avancer… Et puis, si on avait gagné cet Euro, quelqu’un aurait dit que c’était grâce à lui. Mais en vérité, si on avait soulevé ce trophée, c’était surtout grâce à la qualité du noyau. L’équipe était hyper soudée mais personne ne nous dirigeait."

Et quand on lui fait remarquer qu’il y avait un certain Marc Wilmots sur le banc, Jordan demande : "Qui ?" avant de s’expliquer : "Il m’a fait kiffer comme joueur, notamment au Mondial 2002. Mais en tant que sélectionneur, avec les armes qu’on avait… il se contentait de ‘Donne la balle à Eden’ comme consigne. Mais cela n’excuse pas le fait que j’ai été mauvais."

Après un petit coup de gueule sur les "profiteurs" qui tournent autour des footballeurs ("j’aime mon sport, mais pas ce milieu. Tout ce qu’il y a autour, c’est bon pour la poubelle"), l’ex-Anderlechtois évoque le retour de Vincent Kompany : "Son projet s’annonce difficile mais s’il parvient à transmettre cette philosophie qu’il y a notamment chez les jeunes d’Anderlecht à l’équipe première et que la sauce prend, alors ce sera parti pour des années. Pour l’instant, force est de constater que les attentes autour de Vincent étaient trop grandes. D’accord, c’est un joueur énorme, mais il faut lui laisser du temps et bien l’entourer. On n’est pas sur Football Manager , il ne peut pas tout faire."

Vient alors un sujet récurrent dans la bouche des Lukaku : le traitement de faveur de Romelu dans certains médias. "J’ai toujours eu du mal à accepter ce que certains disent à propos de mon frère. En Belgique, on l’a enterré trois fois. Quand Christian Benteke s’est blessé, Romelu a été propulsé titulaire face à la Croatie. Les gens râlaient. Résultat : doublé. Qualifié. Merci. Ensuite, au Mondial 2014, il débute mal. Divock marque contre la Russie et Wesley Sonck annonce qu’Origi sera notre attaquant pour les dix prochaines années. OK. Mais les buts les plus importants de la compétition, ce sont ceux contre les États-Unis : un but et un assist de Romelu."

Avant d’évoquer les critiques les plus récentes : "Maintenant, il y a Michy ! Je l’aime bien, mais le sang, c’est le sang ! Pourquoi tant de gens préfèrent Michy ? Les petites semelles, les virgules, la technique, les feintes de frappe ? Ce qu’on veut d’un attaquant, ce sont des buts ! Romelu, on l’a enterré mille fois. Il essaye de toujours de positiver et de mettre en avant sa persévérance. Et malgré ça, on lui chie dessus."

Jordan semble aussi vouloir régler un contentieux avec un certain Stéphane Pauwels, à qui il promet "une bonne discussion" s’il le croise, au sujet notamment de la déclaration du consultant qui avait remercié "la maman Lukaku de n’avoir fait que deux enfants." Et de préciser : "Il y a le foot, d’accord. Mais il faut rester pro. Pauwels a dit ça sur un plateau professionnel…"

Qu’on soit d’accord ou pas avec le joueur, cette interview n’a pas fini de faire parler.