Il a songé à abandonner mais il ne souhaite pas partir sur un échec


BRUXELLES Vendredi soir, dans la mixed zone du stade Roi Baudouin, Daniel Van Buyten s’était exprimé sur la défaite des Diables et le but concédé dont il était en bonne partie responsable. Depuis lors, il s’était tu, encaissant les critiques – certaines beaucoup plus virulentes que d’autres – parues samedi matin dans les quotidiens.

Ce mutisme avait une raison : le défenseur voulait s’exprimer par écrit, sans prendre le risque que certaines de ses paroles soient déformées. Il a utilisé son portail internet (www.danielvanbuyten.com) pour adresser une lettre ouverte (voir ci-contre) sur laquelle il convient de revenir.

Quand a-t-il écrit le message sur son site ?
L’idée a germé le week-end et la lettre définitive a été rédigée lundi, veille du match en Turquie. Comme il ne voulait pas perturber la préparation du match, il a attendu la fin de celui-ci pour la publier avec quelques adaptations pour dédicacer ses buts. Mais le résultat et ses deux buts n’ont rien changé à la donne : elle aurait été publiée en cas de succès et/ou sans ses deux réalisations.

A-t-il songé à abandonner la sélection ?
Oui et l’idée lui a plus qu’effleuré l’esprit après le match contre l’Allemagne mais il n’est pas du genre à partir sur une déception ou un échec. Aurait-il pu claquer la porte la tête haute si ses deux buts avaient rapporté trois points en Turquie ? Le message aurait été fort mais il a encore des ambitions avec la Belgique.

Est-ce la première fois ?
Non. Du temps d’Aimé Anthuenis, il venait avec des pieds de plomb chez les Diables car la presse flamande ne le lâchait pas et qu’il avait le sentiment (erroné ?) de ne pas être totalement soutenu par l’entraîneur.

Quel est son sentiment ?
Il a l’impression d’être trop facilement désigné comme le bouc émissaire et d’être victime de la frustration générale de tout le football belge par rapport à l’absence de résultats des huit dernières années. Et pourtant, il est le seul Diable actuel qui a gagné des titres dans un grand championnat, disputé la finale de la Ligue des Champions. À lui seul, il a marqué autant que tous les Diables sélectionnés réunis et est le meilleur défenseur-buteur de l’histoire de l’équipe nationale. Sa réaction, avec deux buts, prouve qu’il a une sacrée force de caractère et qu’il a su transformer cela en énergie positive. Ce n’est donné qu’aux grands champions.

Est-il victime d’un acharnement des médias ?
En tout cas, certains ont dépassé les limites que Daniel, beaucoup plus sensible que sa stature le laisse croire, était prêt à accepter. Il a très mal pris le terme de “trahison” utilisé par nos confrères de Sud Presse et la phrase “fermons les frontières pour qu’il ne revienne plus” écrite par Het Laatste Nieuws.

Il en veut beaucoup moins à la DH même s’il nous reproche d’avoir gonflé le conflit avec Fellaini dont les paroles ne peuvent pas nous être imputables.

Thomas Busiau

© La Dernière Heure 2010