Diables Rouges

À la découverte de Yannick Ferreira-Carrasco, le Belge de Monaco

BRUXELLES Les convocations étaient restées jusqu’à présent sans suite, la faute à des blessures.

Mais depuis lundi, Yannick Ferreira-Carrasco promène ses chaussures mauves sur les pelouses de Tubize où il prépare le premier match des qualifications à l’Euro 2015 avec les Diablotins. Et le petit nouveau est comme un poisson dans l’eau.

“Cela fait bien plaisir de retrouver les potes” , sourit le natif d’Ixelles qui a connu toutes les sélections de jeunes.

À l’image de Thorgan Hazard, Ferreira-Carrasco est estampillé made in France , un pays qu’il a rejoint en 2010, à l’âge de 16 ans, après 5 années passées à Genk qu’il avait rejoint à 11 ans, lui qui a joué également au Stade Everois (de 6 à 8 ans) et à Diegem Sport. Quand Monaco s’est présenté il y a 3 ans, le choix s’est vite fait.

“À Genk, j’étais bien. Mais, dans ma tête, je voulais essayer autre chose, tenter ma chance à l’étranger. J’ai un peu hésité, mais tout le monde m’a poussé à le faire. Monaco, c’est autre chose.”

Déjà latent dans le Limbourg où il vivait en famille d’accueil, le dépaysement est total sur le Rocher, avec une prise d’indépendance à 16 ans.

Quand tu veux avoir quelque chose, il faut tout faire pour. À Monaco, j’étais juste seul pour dormir, je n’avais pas à me faire à manger, j’allais à la cafétéria midi et soir. Même s’il y a eu quelques petits coups de moins bien, j’étais très bien entouré par les animateurs.”

Cet apprentissage accéléré le transforme. “J’ai gagné en maturité” , observe-t-il. Idéal pour faciliter son acclimatation qui ne fut pas aisée. Mais la victoire en Coupe Gambardella, la Coupe de France des U19 , en 2011 au Stade de France, a été un formidable coup de boost.

“C’était magnifique” , se souvient le médian offensif. Ce jour-là, Ferreira-Carrasco avait manqué, sans conséquence, son tir au but. “Mais ce n’est pas parce que je l’ai raté que je ne les tire pas à nouveau” , assure-t-il.

Certains pourraient prendre cela comme une forme d’arrogance. Chez Ferreira-Carrasco, il s’agit plutôt de confiance.

“J’aime la pression, j’aime assumer les responsabilités” , clame celui qui pour son premier match en pro l’a démontré en expédiant un coup franc dans la lucarne contre Tours. “Il faut oser” , lâche-t-il dans un sourire désarmant. “Si cela passe, cela passe, sinon tant pis.”

Le raisonnement vaut aussi pour les dribbles que ce gabarit élancé (1,80m; 66 kg) se plaît à tenter. Et à réussir. De quoi se faire sa place à Monaco (20 matches, 4 buts, 4 assists ) sous les ordres de Claudio Ranieri avec qui il avoue avoir gagné “en maturité sur les tâches défensives” .

Idéal dans la perspective de cette découverte programmée de la Ligue 1 l’an prochain où ce grand fan de Cristiano Ronaldo aura l’occasion de marcher sur les traces de l’un de ses autres joueurs favoris, un certain Eden Hazard...



© La Dernière Heure 2013