Nenad Jestrovic nous a fait visiter le Marakana, où les Diables joueront demain

BELGRADE Ce stade, il le connaît par cœur. Parce qu’il y a joué des dizaines de fois avec l’Étoile Rouge et avec l’équipe nationale. Nenad Jestrovic était donc le guide parfait pour nous faire visiter le Marakana, théâtre du Serbie - Belgique de demain.

Dans les installations de l’Étoile Rouge, Jestro est connu comme le loup : il ne se passe pas deux minutes sans qu’il ne se fasse accoster. Bien calée dans sa vitrine, la réplique de la C1 remportée en 91 est là pour rappeler tout le poids de l’histoire du club et du stade.

Au fil des années, le Marakana s’est souvent enflammé. Mais jamais autant que quand le Partizan vient défier l’Étoile Rouge. “Un derby, c’est bouillant” , raconte Jestrovic. “J’ai eu l’honneur de marquer dans ce match et cela procure un sentiment incroyable. Marquer contre Bruges ou le Standard, faire exploser le stade, c’est déjà une sensation extraordinaire. Mais dans le derby de Belgrade, c’est encore un cran au-dessus. C’est de la folie. Il y a constamment du bruit et des chants. C’est toujours difficile pour l’adversaire. Toujours.”

La bonne nouvelle pour les Diables, c’est que l’ambiance risque d’être refroidie par les tensions entre les supporters de l’Étoile Rouge et du Partizan. “Moi, je veux croire que les supporters mettront une ambiance très chaude. Il y aura des fumigènes comme lors du denier Clasico à Sclessin. Mais le stade ne sera pas plein à cause de cette rivalité entre clubs. C’est bête. En Belgique, personne ne parle d’Anderlecht, de Bruges ou du Standard quand les Diables jouent ! La mentalité est meilleure chez vous. Mais ici, on n’y échappe pas. Regardez Stojkovic, le gardien qui s’est blessé. Personne ne l’aime. Car il est l’un des quatre joueurs de l’histoire à être passé de l’Étoile Rouge au Partizan. Il ne peut plus sortir en rue. Je connais ça : étant étiqueté Étoile Rouge, je dois aussi faire attention. Parfois, je dois un peu me cacher et je ne dois pas trop me promener du côté du stade du Partizan...”

S’il a beaucoup de difficultés à faire des prévisions – “cela peut partir dans tous les sens” –, Jestrogoal fait de la Belgique le favori pour demain. “Car la Serbie manque d’expérience. Et d’attaquants. La sélection n’a pas de vrai buteur. Elle aurait bien besoin d’un Jestro de l’époque !”

Marquer, c’était en effet sa spécialité. Douze fois international, il a d’ailleurs affronté la Belgique au Marakana le 4 juin 2005

“Les Diables, avec Van Buyten et Emile Mpenza, avaient eu de la chance. Et Proto m’avait dégoûté ! J’avais eu trois ou quatre belles occasions, mais il avait tout arrêté et l’entraîneur m’avait remplacé à l’heure de jeu. J’étais pourtant meilleur buteur en D1 belge et je restais sur deux doublés. Mais il y a des soirs comme ça, où le ballon ne veut pas rentrer...”



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