Entretien exclusif à Belgrade avec Bojan Jorgacevic, l’international serbe de Bruges

BELGRADE De près, il est plutôt impressionnant. Il a de gros bras et un regard dur. Bojan Jorgacevic a un vrai physique de bad boy . Qui tranche nettement avec sa personnalité. Car en dehors des terrains, le portier serbe de Bruges est un vrai gentil.

Après avoir longuement été interrogé hier midi sur les forces et les faiblesses d’un football belge qu’il connaît sur le bout des doigts, le natif de Belgrade nous a accordé un long entretien, durant lequel il a évoqué “la Belgique, son deuxième pays” , mais surtout ses ambitions retrouvées et son attachement profond à la sélection serbe.

Bojan, vous découvrez le travail de Sinisa Mihajlovic, le nouveau sélectionneur. Quelles sont vos premières impressions ?

“La mentalité de notre jeune équipe est très bonne et il faut aussi y voir la griffe Mihajlovic. Avec lui, on est passé d’un 4-3-3 classique à un système avec beaucoup plus de surprises dans notre jeu. C’est beaucoup plus compliqué pour l’adversaire. Nous avons, à chaque position, beaucoup de qualités individuelles. Et de l’enthousiasme. Avec cette génération, nous pouvons faire de grandes choses.”

Après ce rajeunissement des cadres, vous êtes un peu le papy de l’équipe…

(Rires) “Avant, à trente ans, on était dans les plus jeunes en sélection serbe. Maintenant, au même âge, on fait partie des anciens ! Mais je me sens respecté. Et ce n’est pas lié à l’âge.”

Étant rappelé en dernière minute, êtes-vous le numéro trois actuellement ou avez-vous une chance de jouer ?

“Aucune hiérarchie n’a été établie car le coach veut garder tous les gardiens concernés. On ne connaîtra le nom du titulaire qu’au dernier moment. Moi, je suis prêt à jouer... ou même à être sur le banc. Mais honnêtement, c’est une telle fierté pour moi d’être en sélection que même si je suis dans les tribunes, je soutiendrai mon équipe de la même manière.”

Ce match est particulier pour vous que vous défiez la Belgique mais aussi parce que vous jouez à Belgrade, la ville de votre enfance, où vous avez connu de nombreux malheurs…

“Ce sera forcément très spécial. Pour un sportif, il n’y a rien de mieux dans la vie que de porter les couleurs de son pays, qui plus est dans sa propre ville. De très nombreux amis seront dans les tribunes, ainsi que ma femme et mes trois enfants... plus le quatrième qui est en route ! On commence à prendre de la place dans l’avion ! (Rires) La famille, c’est la base de mon succès. Sans elle, je n’aurais jamais fait une telle carrière. C’est elle qui me pousse à m’arracher tous les jours sur le terrain.”

Avez-vous fait de la Coupe du Monde au Brésil le dernier grand objectif de votre carrière ?

“Cela reste un rêve que nous partageons tous en sélection. Mais ne nous emballons pas : gagnons d’abord vendredi. Je trouve d’ailleurs que les Belges sont trop confiants. C’est ce que j’ai ressenti en lisant la presse et en parlant avec les joueurs là-bas. Les Diables se voient favoris ! Cela pourrait devenir un sérieux avantage pour la Serbie. Tant mieux...”



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