Milan Jovanovic prédit aux Diables une soirée très difficile

ANDERLECHT Milan Jovanovic ne sera pas sur la pelouse. Victime du coup de jeune exigé par Sinisa Mihajlovic, l’Anderlechtois devra se contenter de suivre la partie devant sa télé. Il a accepté de la préfacer. Sans rancune et avec son franc-parler habituel.

“Le but de la Serbie, avec ce rajeunissement, est d’atteindre l’Euro 2016” , explique-t-il. “Mais la Serbie peut entre-temps déjà obtenir son billet pour le Mondial 2014.”

Qui sera favori dans ce match ?

“La Serbie. Sur le papier, c’est peut-être la Belgique mais ça ne vous avance à rien. Ce fut, par exemple, plus facile pour nous de battre le Pays de Galles que cela ne l’a été pour vous. Si les Diables parviennent à prendre un point à Belgrade, ce sera déjà un grand succès pour eux. Un très grand succès même ! Avez-vous déjà assisté à un match au stade Marakana ?”

Pas encore, non…

“Au Standard le public est très chaud. Eh bien, le Marakana, c’est Sclessin, puissance cinq. C’est le pire enfer d’Europe, comparable à ce que l’on peut observer en Amérique du Sud. 50.000 fans qui chantent pendant 90 minutes, avec de magnifiques banderoles. Le top... Du moins, quand le stade est plein.”

Quelles sont les forces de cette jeune sélection serbe ?

“La Serbie est comparable à la Belgique d’il y a quelques années. Il y a un gros potentiel mais il demande encore confirmation. Certains joueurs feront une grande carrière, d’autres pas.”

Mais il n’y a plus de grand joueur offensif comme Savo Milosevic ou Pedrag Mijatovic…

“Voilà pourquoi Mihajlovic opte souvent pour un système sans réel attaquant de pointe, avec des infiltrations depuis la ligne médiane. Il prône un jeu soigné au sol, avec beaucoup de passes et de mouvements autour du ballon. En fait, il n’a pas tant de vécu que cela en tant que coach. Il était assistant de Mancini à l’Inter puis a fait du bon boulot à Catane. Mais une bonne saison à Catane ne suffit pas pour devenir directement un grand entraîneur. Voilà pourquoi il est tellement déterminé à réaliser quelque chose avec la Serbie.”

La Belgique est-elle à vos yeux une grande nation ?

“Vous avez une équipe fantastique. Il suffit de regarder les clubs dans lesquels les Diables évoluent… Benteke et Lukaku sont de grands attaquants. En principe, la Belgique peut battre n’importe quelle équipe. Mais j’ai vu ses rencontres à Cardiff et contre la Croatie et je suis un peu resté sur ma faim. J’attendais plus. Je n’ai vu que 20 minutes de football de très haut niveau : c’était en seconde période contre les Croates. C’est de cette manière qu’ils doivent jouer s’ils veulent obtenir des résultats. Mais une telle campagne, c’est un marathon, pas un sprint. Si vous n’arrivez pas à vous qualifier pour le prochain Mondial, je me demande bien quand vous y arriverez !”



© La Dernière Heure 2012