“J’ai appris qu’il était inutile de mettre le pied quand il est impossible de récupérer le ballon”

WOLUWE-ST-LAMBERT Depuis qu’il a officiellement succédé à Dick Advocaat, Georges Leekens n’a pratiquement que le nom de Marouane Fellaini en tête. Il a suivi avec une attention particulière et des contacts avec Lieven Maesschalck sa rééducation puis son retour sur les terrains.

Ce n’est pas un hasard. A bientôt 23 ans, le transfert le plus cher de l’histoire du football belge est indispensable, quel que soit le système de jeu, la place qu’il occupe, l’adversaire, l’identité de ceux qui l’entourent et son état de forme.

Marouane, comment vous sentez-vous ?

“Les sensations commencent à revenir. Je me réhabitue au rythme, aux entraînements, à la charge de travail et à l’enchaînement des matches. Je suis en avance sur les prévisions puisque, en théorie, je devrais seulement reprendre maintenant, mais dès l’entame de ma revalidation, je m’étais fixé comme objectif la reprise du championnat et ce match contre l’Allemagne. Le travail fut long et difficile, mais je suis là.”

De là à se sentir d’attaque pour un match de ce niveau et contre un adversaire comme l’Allemagne, il y a de la marge.

“C’est vrai, mais j’ai quand même déjà trois titularisations dans les jambes et quelques montées au jeu. Au début, clairement, je manquais de repères. Quand on commet une erreur, la confiance s’envole plus rapidement (NdlR : il est en bonne partie responsable du but enaissé par Everton ce week-end) mais j’ai franchi ce cap. Avec les conseils et le rythme, on corrige son placement, on assimile mieux les espaces qu’il faut laisser dans le jeu et ceux qu’il faut absolument combler.”

Ne ressentez-vous aucune appréhension ?

“Non. Si on ne met pas le pied en Angleterre, où va-t-on ?”

On dit souvent qu’une première grande blessure rend un joueur plus fort et plus mature. Est-ce le cas pour vous ?

“J’ai en tout cas appris qu’il était inutile de mettre le pied quand il est impossible de récupérer le ballon car, en face, le gars s’amène aussi avec un engagement total. Ma blessure résulte d’une action de ce genre. Kyrgiakos met les deux pieds en avant, je vais aussi en contact. Il s’en sort avec une entaille et moi avec six mois sur le carreau. C’est le football tout simplement.”

Votre cote a augmenté. A-t-on parlé de transfert à votre sujet ?

“Je me sens bien dans le club et j’étais surtout concerné sur mon retour au premier plan. IL n’y a rien eu de concret.”



© La Dernière Heure 2010