De Mirallas à Benteke, les Diables serrent les rangs autour de Hazard


BRUXELLES Il y a des signes qui ne trompent pas. Mort de rire dans les bras de Thomas Vermaelen, retrouvant des jeux de cours de récré avec Kevin De Bruyne, ennuyant gentiment un Thibaut Courtois affairé, Hazard respire la santé.

Quoi qu’en disent ses détracteurs, l’Eden tantôt intimidant, tantôt intimidé, appartient désormais au passé : “C’est clair qu’il s’est vraiment ouvert”, glissait hier un Kevin Mirallas habitué à côtoyer l’enfant prodige de Chelsea depuis de nombreuses années. “Il se lâche avec le groupe, il parle de plus en plus. Franchement, on sent tous qu’il s’est libéré.”

Même son attitude à l’égard des supporters belges souvent massés derrière lui n’aura jamais semblé aussi relâchée. Hazard sourit, Hazard discute et certains lui découvrent un sens de l’humour passé jusque-là inaperçu aux yeux de ceux qui s’étaient empressés de le juger. “Mais nous, on sait qu’il a toujours été comme ça”, rajoutait son compagnon de route, Christian Benteke.

Reste que la loi du terrain se moque parfois de tous ces signes-là. Chahuté après sa prestation moyenne en Serbie, Eden Hazard aura pu compter sur Benteke et tous les autres Diables pour le protéger. “Il n’a pas eu un match facile. Moi qui jouais juste devant lui, j’ai pu voir à quel point il avait en permanence trois hommes sur lui. Après, Eden est un grand garçon. Il est parfaitement conscient qu’il aurait pu faire mieux. Il se connaît bien, il faut le lui laisser.”, confie l'avant des Diables.

Un simple discours de façade ? Non. À l’intérieur du groupe, Hazard aurait été le premier à avouer ses manquements auprès de quelques équipiers. Personne, même à porte fermée, n’aura d’ailleurs songé à l’accuser. “Eden, il faut surtout le laisser respirer” , ajoutait un Kevin Mirallas qui pourrait pourtant profiter des malheurs d’Eden pour rafler une place de titulaire mardi. “Personne ne doit l’accabler. C’est un joueur qui, même dans un mauvais jour, peut faire basculer un match sur une action. Contre la Serbie, il a abattu un gros boulot défensif. Quand il sentira qu’il a les clefs du jeu, on aura un tout grand Hazard.”


“Peut-être le moment de mettre Eden sur le banc”

Le rendement d’Eden Hazard chez les Diables pose aussi questions pour les anciens sélectionneurs. Aimé Anthuenis et Paul Van Himst se demandent pourquoi la star de Chelsea peine tant en équipe nationale. “Ce n’est qu’une question de temps avant de le voir exploser”, estime Anthuenis. “Il sera un jour décisif, mais laissons-lui du crédit. C’est peut-être le bon moment pour le mettre sur le banc. Il pourrait alors se montrer en montant au jeu, comme Mertens face aux Pays-Bas.”

Le meilleur footballeur belge de tous les temps est d’accord. “Lors des plus belles performances, il y a toujours un joueur un peu en dessous. En Serbie, c’était Hazard. Ce sera peut-être un défenseur la prochaine fois. Personne ne doute des qualités du joueur de Chelsea, mais j’ignore quand même pourquoi il a autant de mal actuellement en équipe nationale” , s’interroge Van Himst.

Aimé Anthuenis a peut-être une réponse. “Je trouve que Hazard recherche toujours la solution la plus compliquée quand il est chez les Diables , explique-t-il. Prenez sa grosse occasion en deuxième période à Belgrade. Au lieu de se contenter de tirer, il a tenté le beau geste avec une pichenette. Qui plus est, il est toujours très entouré par l’équipe adverse. On le connaît et on veut l’empêcher de développer son jeu.”

En grand sage qu’il est, Paul Van Himst conclut en demandant au public et à la presse de ne pas trop chercher de poux au toujours jeune Hazard. “Ne cherchons pas de polémique là où il n’y en a pas.”

© La Dernière Heure 2012