L’engouement sans précédent des supporters belges est né en 2011. Et il joue un rôle dans la montée en puissance de notre équipe nationale


BRUXELLES Dès aujourd’hui, la DH lance une rubrique intitulée RED Dingue des Diables. Son but est de raconter et décrypter l’engouement énorme suscité actuellement par notre équipe nationale.

Il était tout naturel de commencer cette série par ceux qui sont à la base de cette vague d’enthousiasme : les supporters. S’ils n’avaient pas fait preuve d’un tel intérêt pour les Diables, il est évident que médias, télévisions, politiques et sponsors n’auraient pas suivi…

Quand donc a débuté cette histoire d’amour retrouvée entre l’équipe nationale et son public ? Sous l’ère Leekens. C’est vrai, Long Couteau a été très critiqué pour son départ soudain, mais il a tout de même joué un rôle important dans la réconciliation avec les supporters. Dès son premier match, avec la victoire dans les arrêts de jeu contre la Bulgarie (19 mai 2010, 2-1), on a vu une étincelle. Qui a amorcé un incendie insoupçonné lors de la mémorable rencontre contre l’Autriche (12 octobre 2010, 4-4).

Mais le déclic, le vrai, a eu lieu bien loin de chez nous. Plus précisément à Vienne, le 25 mars 2011. Pour encourager les Diables, plus de 2.000 supporters belges avaient fait le voyage. En train, voiture, bus ou avion. Le résultat : 0-2 et une ambiance assez incroyable au sein du kop belge.

Depuis Vienne, l’enthousiasme populaire et le nombre de supporters des Diables qui effectuent les déplacements en est un très bon indicateur. À Düsseldorf (11 octobre 2011, 3-1), pour le dernier match de la campagne qualificative pour l’Euro 2012, les Belges étaient environ 5.000.

Mais le record absolu de l’histoire du football belge (hors grand tournoi) a été battu pour un match... amical, disputé à Wembley face à l’Angleterre (2 juin 2012, 1-0). Ce jour-là, près de 9.000 supporters belges avaient rallié Londres !

Ces chiffres – d’autant plus impressionnants que lors de chacun de ces déplacements, la demande avait largement dépassé l’offre – rangent les Belges parmi les plus fidèles supporters d’Europe.

Comment expliquer cet engouement ? Il y a, en premier lieu, l’attente : la perspective de disputer un grand tournoi… douze ans après le Mondial 2002 est alléchante pour le public. Il y a aussi le contexte politique, qui joue certainement un rôle. C’est bateau d’affirmer que les Diables sont le dernier ciment de la Belgique, mais il y a là un fond de vérité. Il ne faut pas non plus oublier la qualité du jeu. Dans son histoire, rarement notre sélection n’a joué un football aussi offensif, avec autant de joueurs évoluant dans des grands clubs européens.

Voilà autant d’ingrédients qui expliquent que la mayonnaise ait si bien pris. Pour qu’elle ne tourne pas, il faudra des résultats. Donc se qualifier pour le Brésil. Car la ferveur d’un supporter reste toujours, de près ou de loin, liée aux résultats…

© La Dernière Heure 2013