Romelu Lukaku s’est expliqué sur son évolution actuelle.

"Miaou." Un chat, ou plutôt Nacer Chadli, vient, d’un léger miaulement, perturber le début d’interview des télévisions francophones. Romelu Lukaku garde son sérieux et répond à moitié avant d’éclater de rire.

L’attaquant est de bonne humeur et fait une entrée fracassante en salle de conférence de presse. "Un, deux, test", dit-il en tapotant sur son micro. Il enchaîne avec un "aaaaaah" bien sonore pour faire trembler des baffles un peu trop sensibles.

Typiquement Romelu.

Comment décririez-vous vos deux buts du week-end ?

"Simples et efficaces. J’ai eu du bol sur le premier mais bon, il faut être là, hein. J’étais quand même frustré de ne pas avoir gagné. Je me suis d’ailleurs énervé en plein milieu du match."

Cela vous a fait du bien de marquer ?

"Je savais que ça allait revenir. Il y a toujours des passages comme ça dans une saison."

Mais comment expliquez-vous ce creux que vous avez récemment connu en club ?

"On a mal joué ces derniers temps. L’équipe dans son ensemble. Dès le premier match après la trêve, on a mal joué. On a confiance en nos qualités mais nous n’avons pas amené ce que nous sommes capables de faire habituellement. Nous l’avons payé à tous les niveaux. On a moins marqué et nous avons encaissé des buts que nous n’aurions pas pris en début de saison. Le coach va nous aider à refaire notre retard sur City au plus vite. Des joueurs vont revenir de blessure et il y aura encore plus de qualités."

Un certain Zlatan Ibrahimovic sera bientôt de retour…

(sérieux) "Et alors ?"

N’avez-vous pas peur pour votre place ?

"Ce n’est pas un problème pour moi. Avec ou sans lui, ça ne change rien pour moi. Mais je suis certain qu’il pourra nous aider à l’avenir et qu’il sera important dans la course au titre. Au plus nous avons de bons joueurs au mieux. Ça me motive."

Passer à Manchester United vous a changé et vous a rendu meilleur avec les Diables ?

"L’intensité de jeu est plus haute à Manchester qu’à Everton. On essaie de dominer, de presser tout le match. Je me suis amélioré en club, oui, mais je ne sais pas si c’est le cas en équipe nationale. J’étais déjà bien l’an passé quand j’évoluais à Everton."

Comment expliquez-vous votre énorme évolution ces dernières années, notamment chez les Diables ?

"Déjà le nouveau système me convient bien. Les deux gars derrière moi savent précisément les ballons que je souhaite recevoir. Puis, j’ai amélioré mes courses. Particulièrement dans le rectangle. Il y a deux ans, à Everton, Roberto Martinez m’a fait travailler spécifiquement là-dessus. J’avais des vidéos de mes mouvements mais surtout d’autres attaquants."

Vous pouvez nous dire lesquels ?

"Hugo Sanchez, Chicharito, Edinson Cavani… Il faut prendre le temps de regarder ce que fait Cavani. Sa manière de bouger dans le rectangle est incroyable. Je me souviens avoir dû regarder tous les buts d’Hugo Sanchez à la suite. Je notais comment il s’était défait du marquage comme un écolier. En plus de cela, trois fois par semaine, je travaillais mes courses dans le rectangle avec les coaches. C’est grâce à tout cela que je parviens à plus facilement me défaire d’un marquage."

Thierry Henry était également un spécialiste en la matière…

"Il était doué mais démarrait de plus loin."

Cela ne l’empêche pas de vous donner des conseils…

"C’est clair. Je ne fais plus de courses purement verticales, je pars toujours en diagonale. Il m’a aussi expliqué comment contourner une défense. (il s’arrête) Mais là j’en dis trop." (rires)


"Luc Nilis est le meilleur attaquant belge"

Romelu Lukaku est le nouveau codétenteur du record de buts (30) en équipe nationale

Romelu Lukaku n’était pas spécialement euphorique à l’idée d’avoir égalé Paul Van Himst et Bernard Voorhoof et d’être ainsi devenu meilleur buteur de l’histoire des Diables Rouges. "Je savais que j’allais y parvenir. Je voulais que ce soit avant 2018. Voilà, c’est fait."

Combien de messages de félicitations avez-vous reçu ?

"Pas beaucoup car je change souvent de numéro de téléphone. Puis, je n’en ai pas fait une grosse histoire auprès de mes proches. Car je ne souhaite qu’une chose : que cette génération remporte quelque chose. C’est ma seule motivation."

C’est aussi une belle réponse aux critiques…

"Oui, c’est une petite pique à ceux qui ont dit que je n’y arriverais pas."

L’ovation du public vous a fait plaisir. Vous aviez rarement été applaudi de la sorte !

"Tellement de choses se sont passées que plus rien ne me rentre dans la tête. Je ne me concentre plus sur le bruit négatif de certains supporters."

Où vous situez-vous dans le classement des meilleurs attaquants de l’histoire du football belge ?

(il s’arrête) "Oh my god (il éclate de rire puis réfléchit) Je ne suis pas le meilleur. Luc Nilis a été meilleur buteur des Pays-Bas non ? Alors, oui c’est définitivement lui le numéro 1. Si Ronaldo dit de Nilis qu’il est le meilleur joueur qu’il ait croisé, il ne peut pas mentir. Moi ? Je me mets clairement dans le Top 3 . Je pourrai me considérer comme numéro 1 si je deviens meilleur buteur de Premier League ."

Vous avez des statistiques que Ronaldo et Messi ne pouvaient montrer au même âge…

"C’est vrai ? C’est bien mais ils ont un palmarès en club que je n’ai pas. C’est aussi pour cela que je suis parti à Manchester United."

Eden Hazard a dit que vous pourriez arriver à 50 voire 60 buts ?

"Je pense bien mais lui aussi peut arriver à un tel total. Surtout vu sa forme actuelle. Et il n’est pas le seul à pouvoir dépasser les 30 buts si on pense bien collectivement."

Parmi vos 30 buts lequel est le plus important ?

"J’ai marqué des buts magnifiques et des buts dégueulasses mais tous comptent pour moi."