S’il préfère ne pas parler des Diables ("Je n’ai même pas regardé les quatre matchs, j’ai juste vu quelques matchs dont Allemagne - Italie et Franc e- Croatie"), Marc Wilmots a évoqué cette Ligue des nations qui a prolongé artificiellement la saison déjà éprouvante des footballeurs. "Pendant toute la saison, les joueurs accumulent les petites blessures en club, qui reste leur employeur, ne l’oublions pas. Les vacances servent aussi à réparer tout ça, parfois même avec une intervention. Mettre quatre matchs à cette période, c’est dérangeant. Les joueurs étaient pressés comme des citrons et on a bien vu les résultats des grandes nations, celles où les joueurs ont eu beaucoup de rencontres. Les footballeurs ont besoin d’une période de régénération de quatre semaines avant de reprendre la saison d’après."

Une drogue pour les (télé)spectateurs

Dans l’absolu, l’ancien coach des Diables n’est pas contre la Ligue des nations. "Ce n’est pas moins bien que les amicaux d’avant, au contraire. Mais arrêtons juste de mettre quatre matchs comme ça en juin. Deux, ça aurait été très bien, même si je sais que le calendrier est bouleversé par le déplacement du Mondial à la fin de l’automne. Je suis par contre surpris de voir à quel point ces matchs ont encore du succès, à la billetterie et à la télé. Je croyais que si on montrait trop de football, les gens finiraient par être lassés. Mais je me suis trompé. Le foot est devenu une drogue, tu n’en as jamais assez. La Fifa et l’UEFA l’ont aussi remarqué et continuent à charger le calendrier puisque ça marche quand même."

Si les joueurs en souffrent physiquement, les entraîneurs le paient aussi, d’une autre manière. "C’est un cimetière d’entraîneurs. Le coach ne peut pas faire de miracle. Il se retrouve face à un groupe où il n’y a plus de jus. Il est impuissant, même si les gars ont du talent et de l’envie. L’aspect physique est trop important dans le football de haut niveau. On a beau le savoir, l’entraîneur est quand même jugé. Une défaite et on dit que sa cote baisse, qu’il fait de mauvais choix, etc. En fait, il ne peut rien faire."