Mbo Mpenza ne croit pas que l’ambiance interne pâtira d’un échec éventuel…

BRUXELLES Lorsqu’il aborde le sujet Coupe du Monde, Mbo Mpenza sait pertinemment de quoi il parle : l’aîné d’un duo d’attaquants qui a fait se pâmer la Belgique footballistique tout entière a émargé, de plein droit, à la dernière équipe nationale à avoir disputé un grand tournoi.

Le 17 juin 2002, à Kobe, il figurait dans la formation de départ alignée par Robert Waseige contre le Brésil, en huitième de finale d’un Mondial asiatique duquel les Diables allaient être évincés un peu injustement.

“Dans une longue compétition qui maintient les joueurs en vase clos plusieurs semaines durant, la solidarité est une vertu cardinale. C’est elle qui permet de limer les frictions, inévitables, qui naissent un jour ou l’autre dans un groupe riche en personnalités diverses. Transposée sur la pelouse, cette solidarité se mue en collectif. Au Brésil mais aussi dans toute la phase qualificative, c’est l’exaltation de ce collectif qui nous a permis de nous surpasser.”

Les Diables d’aujourd’hui – qui n’ont encore jamais vécu très longtemps en autarcie – n’attisent aucune inquiétude particulière dans ce domaine dans l’esprit de Mbo Mpenza : “Sur le plan de la technique pure, cette génération est au-dessus du lot. Elle est exceptionnelle. Le football qu’elle peut développer, c’est de la playstation ! Le collectif est en train de se souder également. Ces joueurs si doués techniquement ont progressivement pris conscience que le talent pur ne suffit pas pour façonner une toute grande équipe, compétitive à la fois contre les grandes mais aussi les petites équipes.”

Si les Diables se qualifient pour le Mondial, l’encadrement devra assumer un rôle majeur. “Je n’appréhende pas trop les problèmes de discipline, assure Mbo Mpenza. Ce groupe a la chance d’être composé d’une grosse majorité d’éléments qui évoluent dans des tout grands clubs européens, où la concurrence est la norme. Ils ont donc appris à entretenir une mentalité positive même quand ils sont astreints au banc de touche. Cet état d’esprit leur permet d’être d’emblée performants quand ils sont appelés au jeu.”

À l’instar des Diables, Mbo Mpenza ne se projette pas encore dans le Mondial. Sauf pour lancer un avertissement sensé : “Jusqu’à présent, tout est rose, tout est beau. Les Diables n’ont pas encore essuyé un revers. Quand cela arrivera, pourront-ils se relever aussitôt ? Conserveront-ils la même ambiance motivante ? C’est là le propre des vraies grandes équipes. S’ils y parviennent, ils auront encore gravi un échelon dans leur progression – aujourd’hui nullement utopique – vers les sommets.”

De là à souhaiter un – léger – revers des Diables – pour voir –, il y a une marge que Mbo Mpenza n’éprouve absolument aucune envie de franchir.




© La Dernière Heure 2013