Dries Mertens revient sur son remplacement à la pause contre la Macédoine


EINDHOVEN Il avait quitté le Stade Roi Baudoin l’air contrarié, marqué par sa sortie à la pause face à la Macédoine, une déception individuelle qu’il tentait de dissimuler derrière la joie collective de la victoire.

Trois jours plus tard, de retour à Eindhoven, Dries Mertens affichait un sourire radieux. Assis dans la cafétéria qui jouxte le terrain d’entraînement, le Louvaniste n’a esquivé aucun sujet durant l’heure d’interview qu’il nous a accordée. Même quand est venu le moment d’évoquer son remplacement. L’occasion pour lui de mettre les choses au point.

Dries, vous êtes reparti de Bruxelles avec la mine des mauvais jours après le succès sur la Macédoine.

“Oui, mais c’est du passé. Après le match, tu es frustré car tu veux montrer des choses en tant que titulaire. Tu veux gagner. J’avais le sentiment que je pouvais encore faire quelque chose. Que je pouvais changer le cours du match. Mais quand tu sors, tu ne peux plus rien faire. Le plus important est d’avoir gagné.”

À titre personnel, quelle évaluation avez-vous fait de votre première mi-temps ?

Vince (Kompany)m’a dit : je n’ai pas compris le changement car je trouve que tu étais un des meilleurs sur le terrain. Moi aussi, je le pensais. J’étais bien, j’avais touché beaucoup de ballons. OK, c’était difficile parce qu’ils étaient très compacts. Et dans ces cas, on sait qu’en deuxième mi-temps, il y a toujours plus d’espaces. C’est pour cela que j’avais le sentiment que je pouvais encore faire plus. C’est un léger goût de trop peu.”

Le coach s’est-il justifié quand il a annoncé que vous sortiez ?

“Non. Mais je ne veux pas polémiquer. On a gagné, c’est le plus important. Après le match, c’est chaud. Tu es un peu déçu et tu ne veux pas vraiment le montrer. Mais là, on a 6 sur 6. Pourquoi être fâché ? C’est au Brésil qu’on doit aller.”

Le lendemain, Wilmots a tout de même expliqué qu’il comptait sur vous pour effectuer un travail de sape sur votre opposant qui revenait de blessure.

“C’est mon boulot, j’essaye de le faire. Et je le referai la prochaine fois. Vous savez, un joueur n’est jamais content quand il est remplaçant ou remplacé. Je râlais un peu parce que je voulais jouer la deuxième mi-temps. Mais pourquoi me plaindre alors qu’on a gagné ? Au Brésil, on va y aller tous ensemble. Le groupe prime, pas les intérêts personnels.”

Et c’est ce qui explique, comme le disait le sélectionneur, que certains avaient envie de manger le banc au match aller.

“(Il coupe) Et je crois que je l’ai mangé. C’était bon (rires). Mais il suffit de regarder les images du banc quand Eden a marqué : une explosion de joie. Tout le monde vit ce match avec ceux qui sont sur le terrain; c’est notre point fort.”

C’est nouveau cela…

“Oui, mais quand un groupe veut gagner, il y a le banc derrière. On n’est pas 11, on est plus nombreux. Il y a de la qualité sur le banc et c’est ce qui fait la richesse de ce groupe.”

© La Dernière Heure 2013