Confiant, le sélectionneur serbe a durci le ton envers le public serbe : “Ne sifflez ni nos joueurs ni l’hymne belge”

BELGRADE Il parle avec l’intonation de Marlon Brando dans Le Parrain . Sûr de lui, légèrement hautain. Le boss, c’est lui et il n’a pas fallu bien longtemps à Sinisa Mihajlovic pour marquer de son empreinte la sélection serbe.

Hier, l’ancien joueur de la Lazio et de l’Inter s’adressait à la presse. Parfois taquin, parfois très sec, il impressionna son auditoire et au final, il vola la vedette à ses deux joueurs stars, Ivanovic et Kolarov.

M. Mihajlovic, Marc Wilmots affirme que la Serbie est favorite et qu’il serait content avec un point. Vous partagez son avis ?

“Que Wilmots joue son petit jeu… C’est n’est qu’un moyen, souvent utilisé par les coaches, de mettre la pression sur l’adversaire. Cela ne fonctionnera pas avec nous. Cela dit, je veux bien le croire quand il dit que la Belgique se satisferait d’un match nul. Ce ne sera pas notre cas. Je ne peux même imaginer penser, ne fût-ce qu’un instant, à ce scénario. Nous serons donc offensifs dès le coup d’envoi.”

La Serbie a deux backs de classe mondiale, alors que ces postes posent justement problème en Belgique. Quels sont les principaux points faibles de la Belgique ?

“Ah, vous flattez Ivanovic et Kolarov parce qu’ils sont juste devant vous ! (Rires) Merci pour eux et pour nous, cela nous donnera encore plus de confiance… Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai bien étudié les dernières rencontres des Belges. Comme toute équipe, ils ont des points forts et, bien sûr, des points faibles. On verra vendredi soir si nous avons bien fait nos devoirs ou si nous avons manqué quelque chose…”

L’ambiance risque d’être moins chaude que vous ne l’espériez…

“Tout ce qui compte, c’est que le public soit à 100 % derrière l’équipe, jusqu’au bout. Voilà mon message au public serbe : si vous venez au stade pour huer nos joueurs ou pour siffler l’hymne belge, restez chez vous et regardez le match à la télévision. Si après 90 minutes, vous n’êtes pas satisfaits, alors là, vous serez libres de crier et de siffler les joueurs. Il est arrivé qu’après seulement une demi-heure de jeu, le public hue sa propre sélection. Il n’y a qu’en Serbie qu’on voit cela ! Moi, j’ai joué dans ce stade une demi-finale de C1 contre le Bayern. En débarquant sur le terrain, les Allemands étaient tellement impressionnés par l’ambiance qu’ils sont devenus encore plus pâles… Je veux la même électricité ce soir. Les Belges doivent sentir qu’ils affrontent toute une nation.”



© La Dernière Heure 2012