Quelques jours avant le match contre son Italie, Radja Nainggolan est plutôt tenté de rester à l’AS Rome.

Son nouveau tatouage dans le cou (une grande rose), ses fausses cicatrices dans les sourcils, sa crête blanche (qu’il ne redresse avec du gel que pour les matches), son short retroussé à la Jean-Michel Saive, mettant en évidence ses cuisses de coureur cycliste : impossible de louper le Ninja des Diables Rouges, Radja Nainggolan.

Guéri de sa blessure au mollet, il est prêt pour l’E uro. "Jouer un bon Euro serait une victoire sur moi-même. Vous savez bien à quoi je fais allusion : cela m’aiderait à digérer ma non-sélection pour le Mondial."

Vous commencez par un match contre votre Italie, qui doit se passer de plusieurs joueurs créatifs.

"Ce n’est pas mon problème. Et tant mieux pour nous s’il manque des joueurs. Leurs attaquants jouent peu dans leur club. Cela dit, tactiquement, l’Italie est la plus forte."

Leur coach, Antonio Conte, est fou de vous.

"Il me voulait déjà quand il était à la Juventus, mais j’ai toujours déclaré que je n’irais jamais à la Juve . Donc, maintenant, il me veut à Chelsea."

Avez-vous déjà parlé ?

"Oui. C’est un excellent entraîneur et un personnage intéressant. Il a réalisé d’excellents résultats avec la Juventus et est monté en Serie A avec Sienne. Il m’a expliqué dans quel rôle il me voit. Je ne suis pas un joueur capable d’inscrire vingt buts et de délivrer vingt assists par saison, mais il apprécie mon travail dans l’ombre."

Chelsea et Rome ont déjà parlé, mais vous avez décidé de rester à Rome ?

"Sinon, l’affaire serait déjà finalisée. Je n’abandonnerai pas ainsi douze ans en Italie en risquant d’échouer là-bas. Ou bien, il faut que je m’améliore fortement à tous les niveaux. Pour une petite amélioration, je reste. Mais on verra."

Vous avez déjà demandé des conseils à Hazard ou Courtois ?

"Non, ce sont eux qui demandent si je viens à Chelsea. Je sais que c’est un grand club, mais je ne me casse pas trop la tête avec cela. Cela fait déjà dix ans qu’on dit chaque année que je vais jouer ici ou là. Et finalement, je n’ai joué que dans trois clubs."

On sait que vous adorez le soleil de Rome. Si le soleil brillait toujours à Londres, vous signeriez à Chelsea ?

(Rires) "Le climat, ce n’est qu’un aspect."

Et Totti vient de resigner ! C’est un argument de plus pour rester.

"Peut-être. C’est un plaisir de jouer aux côtés de Totti. Et c’est un plaisir de côtoyer une personnalité pareille dans le vestiaire…"