Luc Nilis, l’ancien coéquipier de notre T1, descend sa tactique "trop défensive" : "Sa Dream Team joue trop avec le frein à main".

L’Euro n’a pas encore commencé, mais Marc Wilmots a déjà subi son premier gros tacle. Il est venu de quelqu’un que personne n’attendait : son ancien partenaire en attaque de l’équipe nationale, Luc Nilis. Ensemble, ils ont joué 24 matches en Diables.

Nilis, qui est entraîneur des attaquants au PSV et qui fait de la pub pour sa biographie ‘De Waarheid’ (la vérité), s’est lâché dans Voetbal International, le Foot Mag néerlandais. Il critique ouvertement la tactique - selon lui - trop défensive de Wilmots. "L’équipe nationale a encore toujours le même problème qu’à mon époque", assure Nilis. "Elle n’ose pas jouer offensivement. Les Diables jouent tellement avec le frein à main que leur jeu pue le pneu. Les joueurs courent trop en arrière au lieu de mettre la pression vers l’avant."

"J’en ai souffert en tant que Diable Rouge. Des garçons comme De Bruyne, Hazard, Lukaku et Mertens sont confrontés au même problème. Quand cette équipe joue plus haut, elle exploitera beaucoup plus ses énormes capacités offensives."

"C’est logique que Wilmots compte sur des actions individuelles de certains joueurs, mais tactiquement, l’équipe doit jouer en fonction de ces joueurs; ce n’est pas le cas. Quand je vois qu’il songe à Witsel pour le poste d’arrière droit, j’ai mes doutes…"

Nilis va même plus loin. Il craint une révolte des stars et un clash avec Wilmots. "Si la tactique trop prudente dérange les joueurs, les stars de l’équipe devront prendre l’initiative et cela pourrait provoquer un clash entre les joueurs et l’entraîneur. S’il le faut, c’est ce qu’il va se passer, vous verrez !"

"Avec ses qualités, cette Dream Team ne peut pas se permettre de rater un deuxième tournoi de suite. C’est à cet Euro 2016 qu’ils doivent répondre présents ! Ils doivent au moins atteindre les demis. C’est la meilleure équipe belge de tous les temps ! Elle est meilleure que la mienne et meilleure que les demi-finalistes du Mondial de 1986."

Marc Wilmots, lui, n’a pas ouvertement été confronté aux paroles de Nilis. II a même fait des blagues au sujet de l’ambiance actuelle entre lui, les journalistes et les consultants. "Tout va encore bien, mais ce n’est que le début. Je sais que ça va changer après notre premier match! Cela ne me fait pas peur. J’ai moi-même été consultant. Je sais qu’on est payé pour avoir son moment de gloire."

Et la tactique contre l’Italie, il ne va pas l’adapter suite à la sortie de Nilis. "J’étudie l’adversaire. Vous me demandez de gagner, pas d’être beau ou d’offrir du football champagne. Le but est de passer le premier tour. Après, on verra."

Bref, comme nous l’écrivons depuis quelques jours: face à l’Italie, il va d’abord songer à l’organisation et seulement ensuite au spectacle.