"Nous ne sommes encore nulle part". Combien de fois le sélectionneur n'a-t-il pas répété cette phrase après les récents exploits des Diables ? Depuis vendredi soir, on sait où nous sommes : au Brésil. Le temps où nous jouions à l'autruche pour protéger la genèse du collectif Diables doit être révolu. Il s'agit maintenant d'assumer notre nouveau statut, celui d'une équipe fermement installée dans le top 10 Mondial.

Pour la première fois de leur histoire, sauf énorme retournement de situation d'ici le mois de juin, les Diables aborderont la plus grande des compétitions avec un statut de sérieux outsider. La question peut déjà se poser : quel sera l'objectif belge une fois les valises posées à Rio ?


La victoire finale sinon rien

Nombreux sont ceux qui font d'un Mondial une grande fête. Parmi les 32 nations représentées, plus de la moitié n'envisage rien d'autre que "faire le meilleur parcours possible". Ce fut longtemps notre cas, mais cela doit changer. La victoire contre les Pays-Bas, celle acquise en terres croates, le 6 sur 6 contre les Serbes et la maturité affichée au long de cette phase de qualifications doivent nous mettre la puce à l'oreille : les Diables peuvent aller au bout !

Le bout du Mondial, c'est le 13 juillet 2014. Une date à retenir, une ligne d'arrivée à tracer. Car le talent, la cohésion du groupe et les points de repère sont là. À vrai dire, cette Coupe du Monde pourrait débuter demain sans que cela ne pose de problème. Pourtant, lorsqu'on voit les progrès effectués en 16 mois, on se dit que chaque entraînement et chaque match de préparation, à commencer par celui de mardi contre le pays de Galles, doit nous rapprocher un peu plus du top niveau.


Assumons le statut, quitte à assumer l'échec

Certes, l'expérience d'une grande compétition nous fait défaut. Certes, ces Diables n'ont encore battu aucune (très) grosse nation dans un match à enjeu. Cela doit-il nous servir d'excuse pour viser un "petit" quart de finale ? Soyons honnêtes, personne n'imagine Vincent Kompany déclarer, sourire au lèvre "c'était une compétition magnifique de notre part" au micro de Vincent Langendries à la seconde qui suivra l'élimination aux portes des demi-finales.

Dès maintenant, ce groupe doit être conditionné pour aller au bout. Ils haïssent la défaite, nous dit-on ? Qu'ils continuent. Et si on se plante ? Et bien on grandira. Car les échecs font avancer et les échéances à venir sont nombreuses pour cette génération dorée. N'en déplaise à Big Dan' et Timmy Simons, qui ne seront sans doute plus là pour vivre l'aventure en tant que joueurs, l'Euro 2016 en France pourrait être encore plus dans nos cordes que le Mondial brésilien.


Une revanche à prendre

Et puis, jouer un mauvais tour aux Brésiliens sur leurs terres serait particulièrement savoureux pour Wilmots et tous les Belges qui gardent en mémoire la désillusion du 1/8e de finale de 2002. Car ce jour-là, les Diables étaient capables d'éliminer les futurs champions du monde. Jusqu'où serions-nous allés si nous y étions parvenus ? On ne le saura jamais.

En attendant, les délires de M. Prendergast ont entaché ce qui reste le dernier match en date des Diables rouges dans une grande compétition. Quelle meilleure destination que le Brésil pour prendre une douce revanche sur ce match qui avait frustré le plat pays ? D'autant plus que le sélectionneur du grand favori de la compétition sera toujours le même : Luiz Felipe Scolari.

Une chose est certaine, la Coupe du monde ne se joue que tous les quatre ans, les Belges n'y participent que 60% du temps et ne s'y présentent comme candidat au titre final qu'une fois par siècle. Ne gaspillons pas cette tentative et mettons toutes les chances de notre côté en préparant ce groupe à aller au bout. Rendez-vous le 13 juillet !

Nicolas Christiaens