Romelu le mauvais perdant

Mais il est tout d'abord revenu sur cette fameuse finale d'Europa League, qui restera un mauvais souvenir pour lui, et ce même si elle avait bien commencé. Pour rappel, Lukaku avait ouvert le score dans les premières minutes de la rencontre avant de dévier malencontreusement le cuir dans ses propres filets sur le but victorieux du FC Séville. Au coup de sifflet final, l'Intériste ne s'était pas rendu à la remise des médailles et de la coupe, préférant rentrer directement au vestiaire.


Il s'est expliqué sur cet épisode, sur lequel il avait été vivement critiqué. "La haine de la défaite, chez moi, ça me fait avancer. Parce que tu y trouves une certaine énergie. Je suis très mauvais perdant, je l’avoue, c’est ma grande force dans la vie. Je sais que ça s’est vu en finale d’Europa League l'autre fois. Mais je dois faire quoi ?", sourit-il, avant de poursuivre. "Je ne pouvais pas aller chercher ma médaille. Je ne pouvais pas. Si je regrette ? Non. Mais ce n’est pas un manque de respect vis-à-vis de Séville. Ils ont mérité de gagner. Mais mettez-vous à ma place. Vous travaillez toute votre vie pour arriver à un moment comme ça. En finale, on commence bien puis on perd le match à cause d'un moment où dans ma tête c’est 50-50 (NDLR: en référence à ce moment d'hésitation au moment de dégager le ballon sur le but de Séville). Après le match, je me suis dit: "Pas maintenant". Mais cet épisode m’a donné une certaine énergie et une envie pour faire mieux maintenant. C'est là que je vois le positif dans le négatif", explique Big Rom'.


Lukaku et le racisme

Dans une seconde vidéo publiée par la RTBF, Big Rom nous parle du racisme dans les stades. En Angleterre mais surtout en Italie, il a été la cible de cris racistes. Ce fut notamment le cas contre Cagliari, des habitués de ce genre de mauvais comportement: "Au moment où j’ai tiré le penalty, je ne me suis pas rendu compte, mais quand j’ai vu la vidéo juste après le match, je me suis dit wow… Après, il y a eu un article sur Chris Smalling et moi, ça m’a dérangé."

Mais au sein des Diables rouges, Romelu Lukaku apprécie beaucoup la diversité du noyau et l'image que les joueurs donnent à tout le monde. D'ailleurs, il trouve que la Fédération devrait s'en inspirer pour mener des actions dans les stades.

" La Belgique est un pays avec beaucoup de diversité, et c’est quelque chose qu’on doit préserver. Il y a six ou sept joueurs d’origine congolaise, Nacer est d'origine marocaine,… C’est mixte. Quand on est ensemble, on est fier d’être Belges. Dans la rue à Bruxelles, on voit ça : il y a une diversité. Je le raconte souvent quand je suis en Italie: quand tu es en Belgique, il y a tout ce que tu veux et c’est ce qui est beau dans notre pays. J’en ai parlé avec la fédération il n’y a pas si longtemps, il faudrait faire une action avec des gens compétents pour lutter contre le racisme dans les stades de D1 belge. Nous avons la fierté de représenter notre pays dans sa diversité, et il faut que ça rejaillisse dans les stades. C'est le rôle de la fédération."


Big Rom' l'incompris

Dans le coeur de nombreux Belges, Romelu Lukaku n'a pas laissé la même trace. Si certains l'adulent, d'autres apprécient le critiquer. Selon l'ex-Mancunien, il est surtout incompris. "Cette image a été créée quand je suis parti à Chelsea. Quand je suis arrivé là-bas et que j’ai échoué, j’ai dû me montrer pour prouver mais en équipe nationale ça ne marchait pas. Je voulais être au top mais je n’y étais pas. J’étais tellement concentré sur ce que je devais faire sur le terrain que je me foutais de ce que les gens disaient de moi. Ce n'est pas parce que je ne parle pas que je n'ai pas envie de parler. Je suis dans cette zone où je ne parlepas. Même avec mon frère et ma mère. Mais après, j'appelle tout le monde et j'en parle. "

D'ailleurs, Lukaku a aussi évoqué les critiques dont il fait parfois l'objet. "J’ai dû surpasser ces critiques à un moment. Après l’Euro, je me suis dit "il faut arrêter, parce que tu es en train de te tuer pour rien. Ca ne sert à rien d’essayer de se défendre ". Je dois juste me concentrer sur mon travail et à la fin, en fonction de mes performances, on verra si je suis aussi mauvais que ce qu’on dit. Oui, je sens que je suis dans le cœur des Belges. Je suis naturel. Je n’ai jamais mis mon agenda personnel avant l’équipe. Je ne suis pas comme ça."