Il s’appelle Robert Snodgrass et le 7 juin dernier, il a écrit une belle page du football écossais. Et sans doute participé à un superbe chapitre de l’histoire du foot belge ! Son but en Croatie, qui a permis aux siens de s’imposer (0-1), risque en effet de peser très lourd dans le décompte final, à l’avantage de la Belgique.

Avant d’affronter ces Diables qui lui doivent tant, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec l’ailier de Norwich City. Un gars plutôt sympa. Plutôt simple et relax, qui a bien conscience de ne pas être une star de Premier League

Robert, tout d’abord : merci ! Si la Belgique se qualifie pour le Brésil, vous y serez aussi pour quelque chose…
"Je sais, oui. J’aurais plutôt voulu aider mon équipe à se qualifier, mais ce ne sera pas pour cette fois-ci. Ne me remerciez pas : j’ai peut-être aidé les Belges, mais s’ils en sont là aujourd’hui, c’est avant tout leur mérite. Vous avez tellement de talents, tellement de joueurs qui font la pluie et le beau temps tous les week-ends en Premier League …"

Avez-vous conscience qu’auprès des supporters belges les plus fervents, vous êtes devenu un héros le temps d’un soir ?
"Non, vous me l’apprenez. Je préférerais être un héros pour l’Écosse ! Sinon je risque une bonne fessée de la part des fans de la Tartan Army !"

Les joueurs belges que vous avez croisés en Premier League vous ont-ils déjà remercié ?
"Pas encore, mais j’espère qu’ils le feront vendredi. Mais après le match, en espérant que nous aurons signé une bonne prestation."

Vendredi, vous fêterez justement vos 26 ans. Vous ne voulez pas boire un petit verre avant ?
"Non, sinon l’entraîneur devient fou ! Les boys me chanteront une petite chanson, ça me suffira."

Quelles seront vos chances dans ce match ?
"Nous n’avons pas autant de talent que la Belgique, mais nous en avons. Vous verrez une tout autre équipe que celle qui avait perdu 2-0 à Bruxelles l’an dernier. Depuis l’arrivée de Gordon Strachan en janvier, nous sommes en pleine progression. Nous avons perdu 3-2 à Wembley en amical contre l’Angleterre, mais nous avons encaissé deux buts vraiment évitables. Contre le pays de Galles, nous aurions gagné… si je n’avais pas pris la rouge . Et évidemment, il y a eu cette victoire en Croatie. Depuis, la foi est à nouveau là. À tel point que nous ne serons pas contents si nous ne prenons qu’un point vendredi."

Quels joueurs belges appréciez-vous le plus ?
"J’en admire beaucoup. Benteke par exemple. Vivre une première saison en Premier League n’est jamais simple mais lui, il l’a brillamment réussie. C’est une armoire à glace, qui a une énorme faim de buts. Il est formidable ! Mais il y a aussi Vertonghen, très costaud, et Hazard, très doué. Dembélé est aussi un très grand joueur : il suffit de le voir contrôler un ballon… De la vitesse et de la puissance, vous n’en manquez pas. Et évidemment, il y a aussi Fellaini. La dernière fois que j’ai joué contre lui, il évoluait presque en tant que numéro dix. Je sais qu’en Belgique, il évolue plus bas dans l’entrejeu. Franchement, je préfère qu’il reste là. Il nous poserait plus de problèmes en tant que second attaquant. De gros problèmes, même !"

L’absence de Vincent Kompany est-elle un gros avantage pour l’Écosse ?
"Absolument. Il manquerait à n’importe quelle équipe. Regardez City : lors le premier match sans Kompany, l’équipe a pris trois buts à Cardiff. C’est un joueur absolu et nous ne manquerons pas d’en profiter, même si ses remplaçants sont solides. Pour conclure : on respecte les Belges. Mais il n’y a pas de meilleure manière d’exprimer ce respect que de leur rentrer dedans dès la première minute. Des tacles bien appuyés, in their face . Pour qu’ils soient dans les problèmes. Car si nous laissons trop de temps aux Belges, ils nous détruiront."