Son système tactique

On l'oublie parfois, mais Roberto Martinez n'a pas toujours privilégié un système à trois défenseurs centraux. "Mon premier match avec la Belgique était avec une ligne de quatre dans une rencontre amicale contre l'Espagne et nous n'étions pas à la hauteur", avoue-t-il. "Nous avons réalisé une réflexion interne. Dans nos rangs, nous avions quatre bons défenseurs axiaux. Mais nous manquions de latéraux défensifs de qualités. Afin de devenir meilleurs, nous avons opté pour une formation en 3-4-3. Et depuis lors, nous avons obtenu des résultats positifs."

Cependant, le coach des Diables a également su montrer qu'il pouvait s'adapter. Comme lors de la leçon tactique face au Brésil. L'un des matchs les plus marquants de l'histoire du football belge. "Vous devez être flexible. La philosophie de l'équipe ne change pas, seules les stratégies changent. Dans tous les cas, l'important est d'être fidèle à un style plutôt qu'à un schéma", estime l'Espagnol.

S'il est passé essentiellement à un système à trois défenseurs, c'est pour une raison précise. "C'était également le moyen de pouvoir mettre Carrasco et Hazard ensemble sur le terrain. Lors du premier match, Yannick était utilisé comme ailier droit. Mais nous devions trouver une façon de lui permettre de faire des courses vers l'intérieur du jeu. Pour le faire cohabiter avec Hazard, nous devions le placer au poste de latéral. Son adaptation a été très bonne, tout comme son développement personnel. S'il a atteint un tel niveau, c'est aussi car Carrasco a surtout grandi en tant qu’homme. Sa position n’y est pas tellement pour quelque chose."

Eden Hazard: "Une question de temps"

Depuis le début du calvaire d'Eden Hazard au Real, Roberto Martinez n'a jamais cessé de voler au secours de son capitaine. Une nouvelle fois, il a tenu à être rassurant avec son numéro 10. "Eden a connu deux années très difficiles en raison de blessures", a-t-il commencé. "Parfois, on cherche des raisons à cela et il n'y en a tout simplement pas."

Pour l'ancien coach de Wigan ou Everton, le Madrilène doit être traité avec du recul. "J'ai vu Hazard gagner la Ligue 1, la Premier League avec deux tactiques différentes. Faire des débordements en attaque et être irrésistible en un contre un. Il a également brillé techniquement dans un championnat aussi physique que celui de l'Angleterre...", a-t-il martelé.

Pour lui, Eden Hazard est loin d'être fini. "Au niveau international, Hazard est unique. C'est dommage que nous n'ayons pas vu Eden heureux en jouant plus ces deux dernières années. Il n'a pas été capable d'être à son meilleur niveau à Madrid et nous n'avons pas vu le grand potentiel qu'il possède."

Une chose est certaine, Martinez compte plus que jamais sur son capitaine. "Il parvient à prendre beaucoup de recul. C'est pourquoi il comprend qu'il arrive qu'un joueur de foot se blesse. Il a le caractère et la maturité pour se reprendre rapidement. Il est notre leader et a eu une influence importante sur cette équipe. Que ce soit sur le plan humain où vous pouvez toujours lui faire confiance. Et sur le plan footballistique où le débat n'existe pas. Ce n'est qu'une question de temps avant que nous ne voyions la meilleure version de Hazard en Espagne."

Thibaut Courtois: "Une référence"

Le quotidien madrilène lui a également posé une question à propos de la Pieuvre. Critiqué à son arrivée, Thibaut Courtois a fait taire toutes les critiques depuis près d'un an et demi. "Lors de la Coupe du monde 2018, il était le meilleur gardien de but du tournoi. Maintenant il est régulièrement dans les deux ou trois meilleurs au monde", confesse-t-il.

Parfois raillé pour son jeu au pied, Martinez est monté au créneau pour défendre son portier. "Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent qu'il est mauvais avec ses pieds. Au contraire. Pour une personne de cette taille et de cette prestance, il a une très bonne coordination. Il a une grande capacité à comprendre la sortie du ballon. Il peut être plus ou moins styliste, mais quand vous avez une équipe qui veut jouer depuis l'arrière, Thibaut sait parfaitement le faire."

Admiratif du dernier rempart du Real, le Catalan estime qu'il est devenu une légende. "Il est une référence dans un pays qui a un très bon niveau historique de gardiens de but. Même avec des légendes. Et il est en passe de devenir le plus grand d'entre eux."

Les rumeurs d'un départ vers le FC Barcelone

Depuis pas mal de temps, son nom est souvent associé au FC Barcelone. D'autant plus que Ronald Koeman est sur un siège éjectable depuis sa double humiliation en Ligue des champions (deux 3-0 contre le Bayern puis le Benfica) et une défaite contre l'Atletico en championnat. Comme à son habitude, Roberto Martinez s'est montré pragmatique. "Les rumeurs font partie de la vie d'un entraîneur. Lorsque l'équipe gagne, vous entendez parler d'autres projets. Et quand l'équipe perd, vous êtes sur le point d'être licencié. On s'y habitue et on vit en marge de tout ça."

Une nouvelle fois, il a affirmé être à 100% dans le projet de la fédération belge. "Je n'y ai pas pensé, pour être honnête (NDLR au FC Barcelone). Cela fait un an et demi que je pense à la Ligue des Nations et c'est ce qui m'intéresse maintenant. Mon opinion serait tout à fait décalée si je disais le contraire."