Comme à chaque fois avec Thomas Vermaelen, on a toujours envie de lui demander s’il sera capable de continuer à jouer tout le tournoi.

Il a une nouvelle fois répondu par l’affirmative. Si cette question taraude autant la Belgique, c’est parce qu’il a une nouvelle une fois été impressionnant. Et face à un adversaire largement plus costaud que la Finlande.

Avec un chouïa de chauvinisme, on dira même qu’il a mis Ronaldo en boîte. En se repassant ses duels gagnés, ballons arrachés et ses anticipations sur Wyscout le lendemain du match, on se rendait encore davantage compte de la performance du défenseur central de 35 ans.

Il reste pourtant très détaché de sa performance personnelle. "Je ne vais pas commencer à dire que c’était mon meilleur match vu que j’en ai quand même vécu un paquet. J’étais bien, je me sentais en confiance."

Comme fin 2017, lorsqu’il évoluait au Barça, il s’est transcendé face à Cristiano Ronaldo. A-t-il un secret pour stopper un des meilleurs joueurs au monde ? "Je regarde toujours des images de mon adversaire. J’analyse comment il court, comment il réclame le ballon. Et je m’adapte à cela dans mon jeu. Je suis parvenu à l’appliquer face au Portugal."

Il a promis de le refaire contre l’Italie. Et heureusement car la défense a besoin de sa sérénité. Il a peu été au duel mais a joué sur son intelligence, son placement et son anticipation. Au point de frustrer totalement Ronaldo et le sevrer de ballon.

Son match a permis d’ôter certains doutes. Beaucoup remettaient en question sa présence dans le groupe et sur le terrain. "Je sais qu’il y a eu des critiques. Mais je ne m’en occupe pas. Seulement de mon match. Le but de ma présence, c’est d’être champion d’Europe. Je ne suis pas là pour contredire les critiques. Ma motivation est ailleurs."

Le plus étonnant est certainement de le voir à un tel niveau malgré le manque de tempo mais surtout le manque de concurrence et d’opposition dans la compétition japonaise. "La J-League est sous-estimée. C’est une compétition où les joueurs sont très rapides et ça me force à garder le niveau."

S’il affirme ne pas avoir fait de séances supplémentaires pour garder la forme, il n’a pas lésiné sur les efforts pour être présent dans les 26.

"Je ne suis pas arrivé sans avoir travaillé. J’ai bossé sur le long terme pour y parvenir. J’ai réussi à mettre beaucoup d’intensité dans mon travail au quotidien. Je sais que si je ne me donne qu’à 50 %, je ne peux pas être à 100 % au match."

Roberto Martinez ne tarissait d’ailleurs pas d’éloge au sujet de son défenseur. "J’ai des maîtres défensifs. Ce genre de prestation est à montrer dans les académies de football."

Seul bémol : la masterclass de Vermaelen devra se poursuivre sans carton. Un avertissement face à l’Italie et il sera privé de la demi-finale. "J’ai déjà eu le coup en 2016. Ce n’était pas la faute la plus intelligente de ma carrière (NdlR : au milieu de terrain face à la Hongrie) et même celle face au Portugal est évitable. Mais je ne changerai pas mon jeu pour autant. Je me donnerai à fond."

Romain Van der Pluym