Il y a des buts qui comptent toujours plus que d’autres. Celui de Thorgan Hazard, contre le Portugal, rentre dans une catégorie à part, pour ce qu’il représente et a offert à la Belgique : un accès direct en quart de finale d’un Euro.

Avant ça, il en avait déjà marqué quelques-uns, dont celui de l’égalisation contre le Danemark, il y a treize jours. Et puis il y avait eu son doublé en Suisse, en Ligue des Nations, qui devait valider une qualification pour le Final Four. Tout le monde connaît la fin : une défaite 2-5 (la Suisse sait y faire pour remonter au score…).

Contre le Portugal, l’histoire s’est donc bien terminée et Hazard en souriait : "Je ne suis pas souvent le héros, c’est assez sympa." Il a revu le but plusieurs fois, depuis dimanche, et les messages n’ont pas manqué, pour le féliciter. Forcément, ceux de ses proches l’ont plus touché. Mais c’est surtout la tête de son frère qui l’a surpris.

"Il semblait ne pas trop y croire, c’était marrant à voir."

Si, comme d’habitude, il a été interrogé sur Eden, encore plus en raison de l’incertitude entourant sa participation au match de vendredi (voir par ailleurs), le joueur du Borussia Dortmund est aussi revenu sur sa prestation, et son évolution, au sein d’une équipe où, de son propre aveu, il est déjà content de jouer : "La place la plus importante pour moi est celle que me donne le coach sur le terrain, car je sais qu’il est difficile de trouver sa place avec autant de très bons joueurs à ma position préférentielle."

Décalé sur le côté gauche, il paraît même plus efficace, offensivement. C’est en tout cas ce que disent les chiffres : lors des sept derniers matchs disputés, en 2021, il a marqué quatre buts.

"Une fois que tu as marqué le premier, cela vient assez naturellement, estime-t-il. Avant, je cherchais peut-être trop souvent à marquer absolument, à chercher les situations où j’étais capable de faire la différence."

Il a aussi laissé une meilleure impression défensive, quand il a fallu assurer le repli, et subir la pression portugaise. "Je ne crois pas que c’était mon match le plus abouti", estime-t-il toutefois, avant de préciser, au sujet de la prestation collective : "On a su montrer qu’on était capables de souffrir ensemble, et il faut peut-être aller au bout de ce genre de match pour aller au bout du tournoi."

Mais l’ancien joueur de Zulte Waregem ne croit pas trop au principe d’une équipe capable de subir autant, comme elle l’a fait contre le Portugal voire, pour d’autres raisons, au Danemark. "Si on souffre lors de chaque match comme contre le Portugal, cela va devenir compliqué, physiquement. On a progressé, de ce point de vue, par rapport au passé, mais on reste une équipe qui a besoin d’avoir le ballon, de se créer des occasions."

Le profil de l’Italie, plus joueuse, pourrait-il mieux convenir aux Diables ?

"Mais on a eu des opportunités de contres face aux Portugais, corrige Hazard. On a juste manqué de précision. Mais c’est vrai que l’Italie est plus joueuse que ce qu’on a pu connaître par le passé. Elle a été impressionnante au premier tour, un peu moins contre les Autrichiens. Mais elle reste sur une fameuse série de matchs sans défaite (31 rencontres, la dernière défaite datant du 10 septembre 2018 contre le Portugal)."

L’occasion est belle de mettre fin à la série. Et si Thorgan Hazard peut à nouveau la mettre dans la "lunette", le classement de ses buts qui comptent prendrait un peu plus d’épaisseur encore.