Jamais les Belges ne se sont qualifiés si tôt pour une grande compétition.

Si, par définition, le Diable aime les ambiances suffocantes, les joueurs belges vont prendre beaucoup de plaisir durant leur voyage athénien. Ce dimanche, ce sont près de trente degrés qui sont prévus au moment du coup d’envoi et les supporters adverses vont prendre un malin plaisir à pousser un peu la jauge du thermomètre vers le haut. Certes, le stade traditionnellement réservé à l’Olympiacos ne devrait pas être totalement rempli mais vingt-cinq mille Grecs savent faire beaucoup de bruit, faites leur confiance…

Les Diables Rouges devront passer outre tous ces éléments extérieurs pour se concentrer sur leur unique objectif : la victoire. Tout footballeur monte sur une pelouse avec l’unique ambition de prendre les trois points mais, dans le cas présent, ils sécuriseraient un ticket pour la prochaine Coupe du Monde. Les mille fans noir-jaune-rouge qui, pour la plupart, ont fait le déplacement dès le samedi matin ont bien l’intention de fêter une qualification et n’ont donc aucunement l’envie de se contenter d’une unité, qui propulserait pratiquement la Belgique en Russie mais ne permettrait pas de se libérer totalement.

La mission est donc évidente, d’autant qu’elle pourrait permettre à cette génération de marquer, une nouvelle fois, l’histoire nationale. Jamais, jusqu’ici, les Belges ne s’étaient qualifiés à deux journées du terme pour un grand tournoi. Précédemment, ils avaient décroché trois fois leur ticket à nonante minutes de la fin des qualifications, deux fois lors de l’ultime rencontre et trois fois via les toujours très dangereux barrages du mois de novembre.

Cela peut paraître anecdotique mais une qualification aussi précoce consoliderait un peu plus la Belgique dans le gratin mondial. À l’heure actuelle, aucune équipe européenne n’est encore assurée d’une participation au Mondial 2018, hormis la Russie qui organise l’événement. Traditionnellement, les premiers tickets étaient distribués à l’Allemagne, la France, l’Espagne ou l’Italie, soit des références continentales que les Belges doivent, aujourd’hui, être capables de tutoyer.

Voilà tout l’enjeu de ce suffoquant déplacement. Sans même parler d’un classement FIFA très indécis, qui doit permettre à la Belgique d’hériter du statut de tête de série lors du tirage au sort, programmé au mois de décembre prochain.