La presse espagnole savoure un succès difficile

MADRID Unanime, la presse espagnole saluait, hier, la victoire arrachée par l'équipe de Vicente Del Bosque au stade Roi Baudouin. Elle met surtout l'accent sur la force mentale des joueurs qui ont su, à force d'obstination, renverser la situation dans des circonstances très difficiles. "L'Espagne n'est pas habituée à être menée au score. Elle passait donc un test important. Et elle l'a réussi. Tout n'était pas parfait, comme lors de l'Euro. Il y a eu des moments de doute et quelques erreurs. Mais à l'arrivée la Seleccion a imposé son jeu, a contrôlé le ballon et a trouvé l'ouverture" explique Alfredo Relano, éditorialiste du quotidien sportif As. Ce dernier mesure à sa juste valeur le succès de Bruxelles. "C'est un peu comme si nous avions gagné 8 points en une soirée : les 3 de la victoire, les 3 que nous prenons à la Belgique et les 2 que la Turquie a perdu en Estonie..."

Le but égalisateur d'Andres Iniesta fait l'objet de tous les éloges des commentateurs. Dans Marca, autre quotidien sportif, Fran Villalobos n'hésite pas à le comparer à un..." délicieux chocolat belge". "C'est un but d'une autre époque, une véritable œuvre d'art..." écrit-il.

Consultant pour la chaîne de télévision TVE, Emilio Butragueno était également admiratif à l'égard de l'exploit du milieu du terrain du Barça . "Je me souviens avoir inscrit un goal du même genre avec le Real lors d'un match face à Cadix. Mais il s'agissait d'une rencontre de championnat. Là, c'était dans un match qualificatif pour la Coupe du Monde. C'est une autre dimension..."

Toujours dans Marca, le consultant Andres Cappa souligne que l'Espagne a eu, sur la fin, "la chance du champion" en inscrivant ce deuxième but à la 88e minute. "En réalité, cette chance récompensait sa faculté à avoir su trouver la solution dans un match qui avait très mal commencé avec le but de Sonck et la blessure de Torres."

Toute la presse espagnole souligne, au demeurant, la valeur d'une équipe belge "jeune, sans complexe, pleine de talent et qui, tactiquement, avait trouvé la recette pour contrarier notre système habituel... "

"Durant la première demi-heure, la Belgique a dicté sa loi grâce notamment à sa puissance athlétique et à la formidable prestation de Fellaini. Puis, petit à petit, l'Espagne a imposé sa supériorité technique et ses qualités individuelles malgré un terrain difficile ", explique Cayetano Ros dans El Pais. Dans le quotidien ABC, Enrique Ortego conclut : "Cette équipe espagnole conjugue le verbe gagner à tous les modes. Quand elle joue bien, quand elle joue mal ou quand elle joue moyennement, comme face à la Belgique. Cela s'appelle être en confiance. "



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