Il était à Prague, il y a douze ans, pour goûter les joies d’une qualification pour un Mondial. Il était à Zagreb, vendredi soir, pour retrouver cette saveur si unique.

"Emotionnellement, c’est très fort", confie, tout sourire, Daniel Van Biyten. "C’est la récompense d’un énorme travail. C’est vrai, c’est une très belle génération mais il fallait bosser. À aucun moment on n’a lâché. Je me sens à la fois fier et heureux. Surtout quand on voit l’engouement énorme des gens en Belgique… Après la qualification, de nombreux supporters étaient dans les rues en train de klaxonner. Exactement comme moi je l’avais fait quand j’étais gamin. Ne nous trompons pas : c’est un grand moment pour le pays. La preuve : on a même reçu les félicitations du Roi !"

Vous attendiez-vous à terminer avec autant d’avance sur tous les rivaux ? La Croatie certainement pas…

"J’avais beaucoup parlé de ce match retour avec Mandzukic. Il m’a dit que les Croates ne se faisaient pas de soucis car ils avaient beaucoup plus d’expérience que nous. Les propos d’avant-match de Stimac et Modric, qui prétendaient que la Croatie était plus forte, nous ont bien motivés. Nous avons répondu sur le terrain." 

Vous avez eu un rôle important dans cette campagne et vous avez signé de solides prestations…

"À 36 ans, je suis toujours là ! Comme le bon vin… J’ai l’impression de rester jeune et pour moi, ce n’est que du bonheur. J’ai commencé ma carrière internationale avec une Coupe du Monde, je vais peut-être la terminer avec une autre Coupe du Monde. On verra bien. On va se préparer comme on le doit. Mais pour l’instant, savourons." 

Quel bilan général tirez-vous de cette campagne ? 

"On a démontré que notre qualification n’est pas due à un coup de chance ou une bonne période éphémère. On a pris très peu de buts, on en a marqué beaucoup, on a répondu présent lors des moments cruciaux, on a été constant. Cette équipe belge, malgré son jeune âge, a déjà de la maturité. Et si vous ajoutez à cela les qualités individuelles… Tout au long de la campagne, le groupe est resté très serein. C’est parce qu’il est sûr de ses forces. Il y a quelques années, si on s’était qualifié pour un grand tournoi, j’aurais parlé de hold-up. Ici, c’est tout le contraire. Ne pas nous qualifier aurait même été scandaleux !" 

Maintenant, la question que tout le monde se pose, c’est : quelle doit être l’ambition des Diables au Mondial ? 

"Vivre un grand tournoi va permettre à notre équipe de gagner en maturité et de franchir encore un cap. Pour aller jusqu’où ? Ce n’est pas le moment de crier haut et fort des objectifs. On ne doit pas se voir plus beau qu’on est. Mais nous avons aussi conscience de nos qualités. Et on fera notre petit bonhomme de chemin au Brésil…"