Hans Vanaken devra sans doute se contenter de 3 minutes et 21 secondes de jeu à cet Euro. Contre la Finlande, le Brugeois - en tribune lors des matchs en Russie et au Danemark - est monté pendant les arrêts de jeu. Il n’a touché que deux fois le ballon. "Je veux jouer le plus possible, mais c’est déjà ça, d’avoir joué 3 minutes."

C’est la 86e minute lundi soir. La victoire contre la Finlande est acquise, Roberto Martinez donne les dernières consignes au Brugeois. Il veut que chaque joueur de champ reçoive du temps de jeu à cet Euro ; Vanaken était le dernier à n’avoir rien joué.

Seul problème : entre de la 86e minute à la 90e - soit exactement 4’34" -, le ballon ne sort pas. L’arbitre Brych laisse jouer, malgré quelques interventions qui auraient pu être sanctionnées. Puis, une dame peu habillée - elle n’était pas entièrement nue - monte sur le terrain. La scène n’est pas visible pour les téléspectateurs, comme le veut le protocole de l’UEFA. Mais le break permet à Vanaken de monter au jeu. "Au fond, je dois dire merci à la streaker", sourit Vanaken. "Sans elle, je n’aurais peut-être pas joué du tout."

La courte montée au jeu de Vanaken a évidemment donné des idées aux anti-Brugeois parmi les fans belges. La photo de la streaker avec comme texte "Elle a reçu plus de temps de jeu que Vanaken" a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Tout comme la heat map imaginaire de Vanaken, qui se limite à la zone entre le banc et le rond central. "Bien sûr que j’ai vu ces moqueries, vu que j’ai été tagué", dit Vanaken. "Je laisse dire les gens ; je suis déjà content d’être dans la sélection. Cela ne me touche pas."

Seulement, Vanaken n’était pas dans les 23 lors des deux premiers matchs. "C’était embêtant et encore plus douloureux que quand j’étais sur le banc avec Bruges lors des playoffs. Ici, je savais que je ne pourrais certainement pas aider l’équipe. Mais Martinez m’a donné une explication avant le premier match. Entre-temps, j’apprends beaucoup aux entraînements. Et oui, je me sens un membre à part entière du groupe."

Par le passé, un double Soulier d’or aurait été sytématiquement titulaire en équipe nationale. N’est-ce pas le moment de partir à l’étranger ? "Non", estime Vanaken. "Je ne partirai pas n’importe où. Si une belle opportunité se présente, je réfléchirai. Mais il faut que ce soit un club intéressant. Je suis bien à Bruges. Et ne croyez pas que je dis ça par manque d’ambition."