Diables Rouges

Josip Weber rompt le silence : “Certains Diables ont perdu 20.000 FB (500 euros), mais aucun franc n’a été payé”

SPLIT Cela fait déjà 15 ans que son nom n’apparaît plus sur les marquoirs, mais Josip Weber (46 ans) a toujours le même look que quand il jouait au Cercle (136 buts en 6 saisons) et Anderlecht (16 buts en 25 matches). Et surtout, il a gardé la même gentillesse. Il nous a reçus dans un des bureaux du stade de l’Hajduk Split, l’adversaire du RSCA de demain soir.

Le but était de parler de ses deux ex-clubs et de lui-même, mais l’interview a pris une tournure particulière : nous avons évoqué la Coupe du Monde 1994. Pour rappel : la Belgique avait été éliminée en huitième de finale par l’Allemagne (3-2). L’arbitre Röthlisberger avait refusé un penalty grand comme une maison à Weber, mais surtout la mauvaise ambiance dans l’équi- pe était considérée comme la cause de l’échec.

Weber, isolé en tant que joueur naturalisé, aurait perdu de grosses sommes d’argent aux cartes. Beaucoup de choses ont été écrites à ce sujet, mais jamais, un joueur n’avait vidé son sac. Aujourd’hui, Weber rompt le silence du vestiaire: “Personne n’a perdu un franc aux cartes.”

Mais vous avez beaucoup joué aux cartes.

“Que peut-on faire pendant deux mois ? Mais les jetons avec lesquels nous jouions n’avaient qu’une valeur de 10 francs (0,25 euro). On n’a pas joué de grosses sommes.”

Vous auriez perdu beaucoup d’argent.

“C’est faux ! Que du contraire. Quelqu’un avait un bénéfice de 10.000 francs (250 euros), un autre avait perdu 20.000 francs (500 euros). Moi, Scifo et trois autres joueurs, nous étions dans le positif, mais on a tout laissé tomber. Aucun franc n’a été payé.”

Suite aux cartes, il y aurait eu un problème entre Degryse et vous.

“Si Marc voulait me donner des passes ou non, c’est autre chose. Mais cela n’avait rien à voir avec les cartes ou les dettes. Beaucoup de gens me disent que même esseulé, je ne recevais pas de ballons. Je ne veux pas croire cela. J’ai fait les commentaires pour la VRT à l’Euro 2008 en Suisse et en Autriche. On ne sera jamais de grands amis, mais notre relation est correcte. Je n’ai pas eu de problèmes avec qui que ce soit.”

Marc Wilmots, lui, râlait d’avoir été mis sur le banc par un joueur naturalisé.

“Marc se demandait si les Belges d’origine n’étaient pas assez bons. Je préfère ne pas faire de commentaires là-dessus. On avait une bonne relation. On n’avait qu’à montrer sur le terrain qui était le meilleur. Je ne lui en veux pas. Je me suis toujours senti le bienvenu chez les Diables. J’étais plus chez les Flamands pour des raisons linguistiques, mais je commençais à apprendre le français à Anderlecht.”

La Croatie ne vous en a pas voulu ?

“L’équipe nationale avec Suker et Boban pas. Mais il y a toujours des extrémistes. Savez-vous que j’ai marqué le premier but de l’équipe nationale de la Croatie, en Australie, quand mon pays n’était pas encore reconnu ?”

Dévoilez-nous un dernier secret. Auriez-vous botté le penalty contre l’Allemagne ?

“Non, Enzo Scifo l’aurait tiré. Qu’est-ce qu’on avait une bonne équipe !”



© La Dernière Heure 2010