A quelques heures d'affronter la Hongrie à Toulouse, Axel Witsel et Marc Wilmots ont rencontré la presse.

Ils ont quitté leur camp de base bordelais direction Toulouse. C'est en effet dans la ville rose chère à Claude Nougaro que les Diables rouges se mesureront à la Hongrie de Roland Juhasz, une équipe qui crée la surprise depuis le début du tournoi. Première de son groupe devant l'Islande et le Portugal, la Hongrie ne part pas forcément favorite... mais elle aime ça.

Pour parler de ce 8e de finale attendu par 11 millions de Belges, Axel Witsel et Marc Wilmots étaient de la revue pour rencontrer les journalistes présents en France.

Marc, une défaite serait forcément considérée comme un gros échec, non ?

"D'autres le diront pour moi, oui. Nous faisons partie des cinq ou six meilleures nations européennes. Il est logique que nous soyons ambitieux. Mais il y a parfois des déroulements de match qui font que les choses se passent mal. J'espère que non. La Hongrie n'est pas l'Angleterre ou l'Espagne ? Je n'aurai pas besoin de motiver les joueurs. Ils vont jouer comme contre un adversaire prestigieux, une grosse nation, car ils connaissent leur mission. Nous avons davantage de pression car l'attente est grande au pays. Les joueurs sont conscients que si l'on perd, on va tous prendre..."

Des critiques demeurent sur la qualité du jeu belge. Sera-t-il important de proposer du beau jeu ?

"On peut toujours estimer que l'on peut mieux faire. Moi, je vois que le spectateur neutre prend du plaisir. On ne peut pas dire que la Belgique joue mal. Nous proposons des variations, mes trois milieux offensifs sont libres de leurs mouvements même s'ils ont des obligations en cas de perte de balle. Mais soyons réalistes et honnêtes: ce qui compte, c'est d'abord la qualification".

Comment jugez-vous les prestations de Thibaut Courtois et Axel Witsel, qui font un très bon début d'Euro ?

"Thibaut nous maintient deux fois dans le match contre la Suède. Il joue avec une nouvelle défense devant lui, suite à différents forfaits. Il faut du temps et nous n'en avons pas, pour les automatismes. Il a été blessé trois mois au ménisque mais il est bien revenu. Axel joue lui en se sacrifiant pour l'équipe. Je peux lui confier n'importe quelle mission, c'est un joueur qui joue pour les autres. Au Mondial, en quart, il avait éteint Messi".

Vous effectuez généralement vos changements assez tard. Ce sera encore le cas demain, surtout compte tenu d'une éventuelle prolongation ?

"Il ne faut pas remplacer pour remplacer. Si l'équipe est en place, pourquoi changer ? Si on a des problèmes, si je vois qu'un joueur peut apporter une plus-value, alors pourquoi pas ? Mais il faut effectivement toujours tenir compte de l'éventuelle prolongation et de la possibilité de blessures".

Pour Axel Witsel, c'est bien aux Diables de sortir du bois et de faire le jeu. "La défense hongroise est à prendre" , a déclaré le médian, qui estime malgré tout qu'il faut respecter cette Hongrie. "La Hongrie est une équipe assez physique. Les duels vont être vraiment importants. (...) On va discuter de la tactique ce soir, comme à chaque fois le jour avant le match" ; a-t-il également dit, tout en se réjouissant de retrouver Roland Juhasz, un défenseur "solide dans les duels" ...


Wilmots évoque Kiraly

"Il vit toujours celui-là ?": le sélectionneur de la Belgique Marc Wilmots a exprimé samedi avec humour sa surprise de recroiser la route de Gabor Kiraly, gardien de la Hongrie qu'il a affronté en tant que joueur.

"Putain, il vit toujours celui-là, il est encore là ? Eh oui, il est toujours là, c'est bien (cette) longévité" , a souri Wilmots à la veille du huitième de finale de l'Euro entre la Belgique et la Hongrie à Toulouse.

"Ca fait un peu drôle de le revoir, je ne sais pas si j'ai marqué contre lui", a ajouté Wilmots, ancien joueur de Schalke 04 (1996-2000 et 2001-2004), qui a croisé en Bundesliga la route de Kiraly, ex-gardien de l'Hertha Berlin (1997-2004).

Toujours vêtu de son impayable bas de jogging gris, Kiraly est devenu lors du premier match de poule des Hongrois face à l'Autriche (2-0) le plus vieux joueur à disputer un match de phase finale dans l'histoire de l'Euro, à 40 ans et 75 jours.

Il est "totalement atypique, c'est le moins qu'on puisse dire mais grand professionnel dans sa carrière. Il profite de chaque moment, il n'a peut-être pas cru que le football hongrois était dans un trou et, finalement, on a souvent besoin des anciens. Il vient avec une autre génération, maintenant ils sont en huitième de finale, c'est que du bonus" , a ajouté Wilmots.


"Faire courir et fatiguer l'adversaire"

Marc Wilmots n'a rien laissé entrevoir du onze qu'il compte aligner contre la Hongrie, dimanche à Toulouse en huitième de finale de l'Euro 2016. "Vais-je débuter avec le même onze que contre la Suède ? Nous devons d'abord attendre le dernier entraînement, tout peut encore arriver", a déclaré le sélectionneur fédéral lors de la conférence de presse internationale organisée à la veille du match. Radja Nainggolan devrait être présent au coup d'envoi au Stadium de Toulouse. Mousa Dembélé n'est pas encore rétabli de son entorse à la cheville. Il était bien présent lors du dernier entraînement (ouvert seulement un quart d'heure aux médias) mais la présence du joueur de Tottenham sur la pelouse toulousaine semble prématurée, en tout cas comme titulaire.

En principe, les Diables Rouges devraient se présenter dans la même composition que mercredi face à la Suède.

Le sélectionneur veut que son équipe joue à un rythme élevé. "Une circulation de balle rapide est très important. J'aime la possession du ballon, vous laissez votre adversaire courir, vous le fatiguez et vous le poussez à la faute. Ils vont se battre pour leur vie, c'est à nous aussi d'être malins. Nous sommes en tout cas prêts et avons étudié en détails les Hongrois. Il reste à voir comment ils vont jouer exactement, mais nous sommes prêts pour tous les scénarios."

Wilmots a répété qu'un nouveau tournoi débute. "Nous ne devons plus calculer. Une victoire et on est en quarts de finale, une défaite et on doit rentrer à la maison. On ne peut pas être plus clair. Nous n'avons jusqu'ici rien fait de mal dans cet Euro, mais on peut toujours faire mieux."


Des joueurs qui vont grandir

Wilmots voit ses Diables Rouges s'améliorer dans cet Euro 2016. "Le joueurs ne s'améliorent pas seulement individuellement, mais ils ont aussi montré une progression comme équipe", a jugé le sélectionneur fédéral à la veille du huitième de finale face à la Hongrie dimanche à Toulouse.

"Quelqu'un comme Kevin De Bruyne a joué moyennement contre l'Italie, mais il a grandi dans le tournoi. Son niveau de forme a augmenté, il rit de nouveau et a de nouveau du plaisir à jouer. Vous voyez qu'il amuse, ses performances vont suivre", prédit l'entraîneur.

Wilmots aussi tiré son chapeau à Axel Witsel: "Axel a joué deux ans en tant que 'contrôleur' devant la défense et s'est sacrifié pour l'équipe. Je sais qu'il peut jouer à une autre position. Axel est un joueur qui rempli toujours parfaitement une tâche donnée, pensez à sa performance en Coupe du Monde contre l'Argentine quand il a gardé Lionel Messi hors du match. Axel joue pour les autres."

LA CONFERENCE DE PRESSE DE WILMOTS









LA CONFERENCE DE PRESSE DE WISTEL